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MERCENAIRES (2): AU CONGO 1964/65.

19 janvier 2014

Période méconnue où de jeunes belges surtout mais aussi français, sud Africains et rhodésiens avaient la possibilité s’ils disposaient d’une formation militaire solide, essentiellement issus des régiment de paras commando ( Mais les volontaires n’affluant pas tant que ça, de simples ex-bidasses qui avaient effectué leur service militaire même en intendance pouvaient être recrutés..On pouvait toujours sur place les affecter à l’arrière s’ils n’en avaient pas assez dans le pantalon). Ce qu’ont vécu ces gars là dans le nord de l’ex-Zaïre dépassent l’entendement en matière d’aventure militaire extrême. Je vous mets tout de suite dans le bain par ce récit qui conte une embuscade dans laquelle sont tombés mercenaires alliés à l’ANC ( Armée Nationale Congolaise fidèle à M Tschombé) contre les rebelles, des locaux des tribus endoctrinés par les communistes de Lumumba, souvent drogués au chanvre et se croyant invincibles  par l’avalage de potions magiques (qui faisaient que parfois ils chargeaient à l’aveuglette, restaient debout sous le feu, se croyaient protégés des balles ennemies..etc)   soutenus par les russes, nous sommes en pleine guerre froide et beaucoup de zones la vivent en guérillas chaudes comme ici .

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Images « parlantes » des conditions de guérilla mobile , brousse, jungle et villages!

Tout d’abord des vidéos inédites qui vous mettront dans l’ambiance de cette guérilla de jungle, mercenaires, ANC (armée congolaise de M Tschombé) et ici intervention des paras de l’armée belge où on voit très bien le type d’affrontement: convois avec des jeeps devant (chauffeur et mitrailleur devant, voltigeurs derrière) suivi de camions remplis de soldats congolais, convois qui tombaient dans des embuscades (trous d’éléphants, ponts piégés, barrages de rebelles dans une jungle hostile), combats ultra intensifs, pas de prisonniers de part et d’autres , libération de villes ravagées par des rebelles schoutés au chanvre et qui se lançaient à l’assaut aux cris de Mai Mulele se croyant rendu invulnérables par des potions magiques……C’est pas en fr mais les images sont extrêmement « parlantes »!

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Livre écrit par un volontaire parti au Congo en octobre 1964, du vécu 100%

Je voudrai aussi par cet article réhabiliter ceux que la presse a fait appeler « Les affreux », la plupart ne sont pas revenus car les conditions de combat étaient très précaires, d’autres parts ils ne s’en sont jamais pris aux populations civiles contrairement à leurs adversaires, souvent des rebelles incultes conditionnés par les leaders communistes et recrutés surtout pour leur cruauté naturelle, par exemple, au Congo un de leur jeu favori étaient d’exécuter des blancs , de leur arracher le cœur et de de le jeter dans la foule encore frémissant! Imaginez quel pouvait être le sort d’un mercenaire tombé entre les mains de ces barbares , les guerres dans lesquelles ils se trouvaient , hé bien, les conventions de Genève étaient aux s chiottes!

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                                                          L’embuscade de Bafwasende

Le cpn volo Noddyn ordonna à ses hommes de reprendre la route et lorsqu’ils parvinrent au sommet d’une côte, ils aperçurent en contrebas le pont Bailey de 250 mètres qui permettait de traverser la Lindi. Les volontaires du groupe spécial para ne cachèrent pas leur appréhension, la route était fort escarpée et le passage d’un pont était l’endroit idéal pour interdire le passage d’une colonne, car elle devait réduire sa vitesse. L’avant-garde stoppa à nouveau et Bob Noddyn envoya la Minerva blindée en reconnaissance. Le lt volo Charles Masy s’avança à bonne allure sur la route qui longeait l’ancienne mission protestante UFM de Belegia et soudain, des rafales d’armes automatiques éclatèrent de face, tandis qu’un tir d’armes légères arrosait le flanc gauche des véhicules à l’arrêt. Ce genre de sport, les hommes du groupe le pratiquaient depuis Bumba, mais cette fois-ci, cela semblait vraiment sérieux car l’embuscade était montée par des experts et les simba étaient bien armés. Les élèves congolais revenus de leur stage de guérilla en Chine communiste avaient beaucoup appris, mais leur formation n’était pas parfaite. Néanmoins, l’époque des rebelles drogués attaquant en groupe compact semblait révolu, car l’adversaire se cachait dans la végétation pour tirailler sur les premiers véhicules de la colonne. Mitrailleuses en action, la Minerva Recce se rapprochait du pont lorsque son moteur s’arrêta. Il s’agissait sans doute d’un peu d’eau dans l’essence et il suffisait de nettoyer le carburateur, mais c’était une autre paire de manche sous le feu ennemi.  Charles Masy se jeta au sol et gagna l’avant du véhicule, se dépêchant de relever le capot, tandis qu’Armand Traweels et le mitrailleur arrière arrosaient les bas-côtés et la forêt avec leurs Browning, visant les lueurs des coups de feu. Les autres membres du groupe ouvrirent le feu et se portèrent en avant avec leur véhicule, mais la jeep du chef du groupe spécial para fut touchée et se renversa dans le fossé de drainage qui bordait la route et une autre chargée de paras congolais fut stoppée par des tirs. Bob Noddyn était blessé au bras et à la jambe et une balle lui avait traversé le cou, tandis que son chauffeur Goossens était atteint au poumon. Xavier Piers de Raverschoot (auteur du livre ci-dessus) fonça vers l’avant avec sa jeep pour se dégager de l’embuscade, mais Michel Pauchen fut touché par une rafale. Le pilote cubain du B26K, qui survolait à ce moment le lieu de l’embuscade, signala en espagnol au lt volo Abession-Conde que le groupe Noddyn avait essuyé un feu nourri à 70 km/h.

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Le ramassage des cadavres pour les jeter dans le fleuve, c’était du quasi quotidien!

Dans la précipitation, le servant de la jeep armée du 75mmSR actionna le percuteur du canon sans viser et l’obus explosa sur une branche d’un des arbres bordant la route. Des éclats d’obus furent dispersés aux alentours et atteignirent le chauffeur et le mitrailleur d’une autre jeep. Deux véhicules se placèrent au flanc de la Minerva et les mitrailleurs arrosèrent la végétation de courtes rafales. Grâce à la protection des armes automatiques, Charles Masy put démonter le carburateur et nettoyer rapidement le filtre à essence de la Minerva Recce dont il remit le moteur en route. Les soldats de l’APL, camouflés à gauche de la route, tiraient trop mal pour mettre en danger les volontaires, mais le tir de l’arme automatique, qui prenait la route et le pont en enfilade depuis un promontoire situé de l’autre côté de la rivière, se révélait plus dangereux. Risquant le tout pour le tout, le volontaire Armand Traweels laissa les mitrailleuses jumelées au chauffeur et armé de son Fal et d’une musette remplie de grenades, il progressa par bonds, protégé par les traverses métalliques du pont. Parvenu sans encombre au pied du promontoire, il y grimpa et balança ses défensives pour déloger les simba. Lorsqu’il déboucha sur le promontoire avec son Fal à la main, les rebelles avaient déguerpi en emportant toutes traces de leur présence. A ce moment, le groupe spécial para et les parachutistes congolais purent se regrouper sur l’autre rive et rejoindre le village de Bafwasende trois kilomètres plus loin. Ce village est au centre d’une région occupée par la tribu des Babali, dont les membres avaient créé la confrérie des Anyotos, plus connue sous le nom d’hommes-léopards coupables de nombreux crimes. Lorsque la rébellion muléliste éclata, les Babali devinrent d’ardents partisans de l’APL. Ils le  prouvèrent d’ailleurs lors des embuscades dressées dans la région qu’ils habitaient. Les véhicules se rassemblèrent sur la place du village et les paras congolais fouillèrent les cases qui s’étendaient le long de la route pour établir un périmètre de sécurité. Peu après, le peloton blindé Kowalsky rejoignit à son tour la Lindi et tomba dans l’embuscade. Des blessés furent signalés aux brancardiers et l’adjudant Bruneel se munit de la trousse de premiers soins et de sachets de sérum physiologique. Il remonta la colonne en courant vers l’endroit où étaient les blessés pendant que l’infanterie congolaise se jetait au sol et répliquait au feu ennemi par un tir désordonné. Les abords de la route furent nettoyés à l’arme automatique pour permettre à la colonne d’avancer, mais un blindé léger et d’autres véhicules étaient bloqués en arrière avec le convoi. Ils ne parvenaient pas à rejoindre le groupe Kowalsky qui reprit sa progression vers le pont Bailey entre deux haies de fantassins qui couraient. L’adjudant Bruneel qui soignait les blessés dut se dépêcher de prendre place sur le capot d’une jeep qui fonça à vive allure vers le pont métallique en tiraillant vers la foule.

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F.C , ancien para commando de l’armée belge, le Congo arrivait après le Katanga pour ce vétéran confirmé au CV impressionnant, il s’en est sorti…

La traversée du pont métallique se fit sous le feu des rebelles et des balles ricochèrent sur les traverses en métal, mais les véhicules du peloton Kowalsky réussirent à traverser le pont Bailey et poursuivirent leur avance vers Bafwasende, protégés par le camion M34 Réo qui ouvrait la route avec ses mitrailleuses jumelées de 8 mm. Il fut percé comme une écumoire malgré son blindage et il fallut l’abandonner. L’ennemi avait bien préparé son traquenard et l’avance de la colonne fut stoppée. Personne ne semblait se préoccuper du charroi qui se traînait à travers les tirs. C’était un peu le chacun pour soi et plusieurs véhicules isolés de l’autre côté de la Lindi furent détruits ou endommagés, dont deux auto-blindées Ferret soumises aux tirs de lance-roquettes et trois des camionnettes Chevrolet du peloton mortiers lourds qui s’étaient enflammées, provoquant la destruction d’un tube mortier de 4,2 pouces. L’explosion d’un chargement de bombes de mortiers illumina le ciel et un camion chargé de fûts d’essence explosa à son tour. La lueur des incendies permit aux rebelles de poursuivre leurs tirs de harcèlement à la nuit tombée. Les hommes bivouaquèrent sur place pour attendre le lever du soleil. Le moral était très bas lorsqu’une liaison radio fut établie avec le QG/5e Brigade pour lui signaler que la colonne avait subi des pertes importantes et pour lui demander du ravitaillement. Les véhicules du peloton Kowalsky qui avaient réussi à passer rejoignirent l’avant-garde à Bafwasende. Les pertes du groupe spécial para s’élevaient à deux morts et à huit blessés, dont trois Africains et celles de Kowalsky  à un tué et à trois Congolais et deux volontaires européens blessés. Ils attendaient des soins mais l’ambulancier des volontaires était dépassé par les événements et ne pouvait leur apporter aucune aide. L’adjudant Bruneel emprunta le matériel de prise de sang et de transfusion dont disposait l’ambulance des volontaires et il se dévoua immédiatement auprès des blessés. Cela lui permit de faire des miracles grâce aux cours qu’il avait suivi à Stanleyville auprès d’un médecin de l’OMS. Guy Bruneel s’occupa en priorité  du volontaire Goossens qui avait une balle dans le poumon. Son état demandait d’urgence une transfusion de sang, mais par bonheur, chaque volontaire connaissait son groupe sanguin et celui de Goossens était le même que celui du lt volo Masy. La nuit se passa dans la crainte d’une attaque et le lendemain à l’aube les bombardiers B26K intervinrent à coups de mitrailleuses de 12,7 mm sous une pluie diluvienne afin de dégager les retardataires de la colonne et leur permettre de rejoindre Bafwasende. les bimoteurs patrouillèrent ensuite au dessus du village, prêts à intervenir à la moindre alerte.

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 La mise à l’écart du major Mueller 
Le major Mueller était indemne, mais il avait perdu tout crédit et la troupe africaine murmurait, prête à se rebeller. Il semblait dépassé par les événements et une violente altercation l’opposa à Bob Noddyn qui le jugeait incapable d’assurer le commandement de la colonne. Dans la matinée du 8 février, l’officier allemand rédigea un rapport sur la situation de la colonne qui fut envoyé à 11h00 Z . Il était ainsi rédigé  : « QSP PT 11Z – Compagnie parachutiste (1er bataillon ANC) trois blessés (un grave) – armement et munition complet / Peloton mortiers trois blessés – 150 obus perdus – trois camionnettes avec matériel brûlées – un mortier 4’’2 brûlé / Peloton Noddyn deux morts –  cinq blessés (un grave) commandant blessé / Peloton para (ANC) Gérard trois morts et neuf blessés – une jeep brûlée – deux jeeps remorquées / Peloton Kowalsky un mort et un blessé européens (un grave) trois blessés congolais – commandant unité blessé – véhicule Réo M35 blindés et deux Ferret brûlés – deux jeeps blindées brûlées – une mitrailleuse .30 et deux blindicides brûlés / Peloton génie un blessé grave et un blessé léger /  8e Bn commando deux camions et une jeep brûlés / En général : plus de munitions et plus de nourriture – réserve essence insuffisante. IN08/02-6-1445B-CW ». L’EM de la 5e Brigade proposa au major Mueller de retourner à Stanleyville avec la colonne, mais il refusa. Mise en alerte depuis la veille, la base de ravitaillement du lt Raes avait préparé durant la nuit un dropping de munitions et les caisses en bois contenant les cartouches furent enroulées dans de vieilles capotes militaires, car ils ne disposaient pas de parachutes. Aux premiers rayons de soleil, elles furent chargées dans un bimoteur de la FATAC et le lt Raes accompagna l’équipe des largueurs dirigée par le lt parachutiste Neyt, breveté à Schaffen en dispatching. Le pilote démarra immédiatement les moteurs et le major Avi Blume prit la place du co-pilote. Près d’une heure plus tard, ils survolèrent la colonne à 300 pieds et le pilote se mit en rapport avec poste VHF. L’avion effectua trois passages au ras des arbres et le lt Neyt donna les directives aux soldats pour larguer les colis au plus près de la colonne malgré le danger. De retour à Stanleyville, le lt Raes remarqua plusieurs impacts de balles dans la carlingue, mais impossible de savoir s’ils provenaient de tirs amis ou ennemis. Aucun accident ne fut à déplorer, mais le lt Abession-Conde se plaignit d’avoir reçu un colis sur le pied et se fit poser un bandage avec des attelles. Malgré la protection assurée par les capotes, quelques caisses éclatèrent en morceau au contact du sol et la troupe dut récupérer les cartouches éparpillées aux alentours (voir l’article de Willy Raes dans le bulletin TTO).

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La jeep, le véhicule le mieux adapté au terrain.

Les alentours de la localité restaient dangereux, car l’ennemi était aux aguets et en attendant l’arrivée des hélicoptères chargés d’évacuer les blessés, la troupe débarrassa la rue principale du village de tous les obstacles. Tous les chefs des pelotons d’infanterie blindée étaient hors de combat : Thadeus Kowalsky se plaignait d’un éclat dans l’œil, Bob Noddyn souffrait de plusieurs blessures et Alphonso Abession-Conde traînait la jambe. Un premier hélicoptère se posa au centre du village et dès que le pilote stoppa son moteur, il fut ravitaillé en carburant avec une pompe à main. Il fallut faire le tri parmi les hommes et les brancards des plus atteints furent embarqués en priorité. Jouant au grand blessé, Abession-Conde tenta de soudoyer l’adjudant Bruneel pour prendre place à bord. Il se fit engueulé par Armand Traweels qui n’appréciait pas du tout son attitude peu courageuse. Le pilote du « FG322 » décolla  malgré son chargement en excédant, mais il dut manœuvrer à la limite des possibilités de la « Banane volante » qui semblait effectuer un ballet à quelques mètres du sol. Deux engins du même type se posèrent l’un après l’autre et embarquèrent chacun quelques blessés. Ce type d’engin était prévu pour le transport d’une section de douze hommes, mais sous les Tropiques, il arrivait péniblement à décoller avec trois personnes. Pendant ce temps, le QG de la 5e Brigade avait envoyé le major François à Paulis pour organiser le sauvetage de la colonne en difficulté. L’officier S-3 expliqua  la situation au major Marchal qui organisa une colonne de secours pour rejoindre Wamba au plus vite. A Bafwasende, le major Mueller réorganisa le convoi et en confia l’avant-garde au lt volo Masy en lui donnant des consignes de prudence. Dans l’après-midi, la colonne quitta lentement la localité après avoir incendié les cases. Il fallait remorquer les véhicules en panne dont plusieurs étaient dans un état lamentable : pneus rafistolés, radiateur fumant et pare-brise cassés et par crainte de cannibalisme, les volontaires voulurent emporter leurs morts qui furent entassés à l’arrière du camion de dépannage Mack. La colonne s’arrêta pour la nuit à Bafwatongono, petit village situé à 23 km de Bafwasende. De nombreuses palmeraies de la compagnie Belgika s’étiraient le long de la route, mais les rebelles avaient procédés au massacre de tous les planteurs. Dans la soirée, un appel radio très clair provenant du groupe Béro leur apprit qu’il se trouvait au nord de leur position et qu’il voulait les rejoindre. Cela semblait trop beau et ils se méfièrent, car la colonne de secours n’avait pas pu progresser aussi vite.

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Le lt volo Charles Masy, qui avait connu le lt Béro au Katanga, déjoua le piège par quelques questions habiles et les volontaires se mirent en embuscade. Le premier camion chargé de simba qu’ils aperçurent fut accueilli à coups de blindicides. La roquette incendia le véhicule et la scène fut éclairée par une fusée qui permit d’ajuster les tirs sur un deuxième véhicule rebelle. Son chauffeur emboutit le camion qui le  précédait et les tirs touchèrent un troisième qui fut mis hors d’usage, mais les autres véhicules réussirent à faire demi-tour et à prendre la fuite. Quelques minutes plus tard, une fusillade nourrie éclata dans le lointain. Les simba tiraient sur leurs camions qu’ils ne croyaient pas revoir aussi vite. A partir de ce moment, le français ne fut plus employé pour les liaisons radio, car il était certain que les rebelles connaissaient les fréquences de la colonne et qu’ils étaient à l’écoute radio. Le lendemain 9 février, le corps d’un volontaire portugais fut découvert dans le campement, il avait été tué durant la nuit sans que l’on sache par qui. C’était un ancien colon qui connaissait plusieurs dialectes de la région et qui s’occupait des Katangais. Très tôt dans la matinée, ils préparèrent un hélistrip pour poursuivre l’évacuation de leurs blessés et des morts, mais à 13h00, les « Banane volante » n’étaient toujours pas arrivées et le cortège de véhicules éclopés reprit son avance avec précaution entre deux haies de fantassins. Ils furent à nouveau accrochés par les rebelles durant dix kilomètres, mais les soldats de l’APL tiraient aussi mal que les leurs. Par l’intermédiaire Abession-Conde, le major Mueller prit contact avec le WIGMO pour demander aux pilotes cubains d’attaquer le côté droit de la route où les simba s’étaient retranchés. Le message fut mal compris et le premier des monomoteurs T-28D lâcha ses roquettes et exécuta un mitraillage en règle de la colonne avec ses mitrailleuses 12,7 mm. Ses tirs touchèrent plusieurs véhicules, dont la jeep « Titine » de Piers de Raverschoot, quatre parachutistes congolais furent blessés et le lieutenant Gérard Madwa, chef du peloton para ANC fut tué. L’adjudant Bruneel remonta la colonne avec l’ambulance pour se porter au secours des blessés, tandis que le major volo Mueller ordonnait d’envoyer un nouvel appel radio pour signaler l’erreur de tir et demander qu’un hélicoptère vienne chercher les blessés au prochain village. Comme à son habitude, l’infanterie congolaise avait consommé une énorme quantité de munitions et il fallut faire appel à la FATAC pour un nouveau ravitaillement aérien. Les volontaires tenaient le coup, mais le moral des Africains était très mauvais. La « Banane volante » se posa, soufflant les toits des huttes et la poussière de la route et les hommes y embarquèrent les blessés et les morts pendant que l’on pompait l’essence. Le pilote tenta de repartir, mais son appareil était trop chargé et il fallut l’alléger pour lui permettre de décoller.

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Capitaine Bob Noddyn, un crack!

Jonction avec la colonne de secours

Les sept cadavres qui commençaient à sentir furent débarqués. Les hommes incendièrent le village, puis ils prirent place dans les véhicules et progressèrent durant cinq kilomètres avant de s’arrêter pour dresser un campement provisoire. Le lendemain à l’aube, les chauffeurs éloignèrent leur véhicule du centre du village pour laisser un espace libre d’obstacles et cette piste d’atterrissage fut balisée sommairement, tandis que des fûts de carburant étaient préparés pour l’hélicoptère. La matinée du 10 février fut perdue à attendre la « Banane volante » qui ne rejoignit la colonne qu’en début d’après-midi pour déposer le major François. Il était venu pour effectuer une courte visite, mais le lt Vanderbergh persuada l’officier S3 de rester sur place pour réorganiser la colonne. Le major François prit des mesures pour reprendre en main la troupe africaine et il ordonna de mettre les postes de radio en ordre. Une équipe fut chargée d’enterrer les morts sur place et la colonne reprit la progression sans hâte excessive. Vers 18h00, les avions assurant la couverture aérienne retournèrent à Stanleyville, car la nuit allait tomber. Les hommes poursuivirent leur avance dans l’obscurité et vers 20h00, ils bivouaquèrent dans un petit village à 6 km d’Avakubi. La troupe fut réveillée à six heures du matin et la colonne se mit en route vers sept heures. Des soldats assuraient la protection en marchant aux flancs des véhicules et ils atteignirent la localité d’Avakubi, située à 64 kilomètres de Bafwasende. L’endroit était complètement désert et ils prirent leur repas dans le réfectoire de la mission catholique des Prêtres du Sacré Cœur. Les bâtiments avaient servi de cantonnement aux rebelles qui avaient saccagé l’église. Tout le mobilier de la mission d’Avakubi fut rassemblé dans la cour et incendié pour éviter qu’il ne serve aux guérilleros. Les membres de la colonne passèrent une nouvelle nuit à la belle étoile dans une atmosphère peu rassurante. Le 11 février, ils reprirent la route aux premières lueurs de l’aube et traversèrent le pont Bailey de 96 mètres de long qui franchit le gouffre profond où coule la rivière Ituri. Il aurait suffit aux rebelles de le détruire pour bloquer la colonne. L’étape du jour fut tout aussi lente que la précédente et un nouveau traquenard leur coûta un mort et un blessé. Ils aboutirent à l’importante bifurcation de Nia Nia, d’où partaient à gauche une voie qui conduisait à Wamba et à droite la route de l’Ituri continuant vers Mambasa et le Nord Kivu. Le village de Nia Nia, situé à 80 km de Bafwasende et à 15 km d’Avakubi, était occupé auparavant par un bataillon de l’APL qui disposait d’un nombreux charroi. Cet important centre rebelle fut pris sans combat, car il avait été attaqué à la roquette par les bombardiers du WIGMO et l’ennemi avait pris la fuite vers Mambasa.

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Coupure de journaux prouvant que les mercenaires ont sauvé des milliers de vies en mettant fin aux massacres perpétrés par les barbares schoutés au chanvre.

Des cartes et divers documents furent découverts dans le PC rebelle que le général Olenga avait inspecté une semaine auparavant. Les véhicules furent mis en ordre et dans l’après-midi, ils quittèrent la localité de Nia Nia et empruntèrent la route de gauche qui traverse la rivière Ngayu sur un pont en béton de 145 mètres de long. Peu après, un DC-3 de la FATAC dans lequel avait pris place le col Mulamba survola la colonne, escorté par des appareils du WIGMO. Les T-28D étaient venus de Paulis pour appuyer la progression du convoi vers Wamba, où le major Marchal les attendait en recueil. Les guérilleros simba avaient creusé deux pièges à éléphant sur la route et les avaient adroitement recouverts de branchages et de terre. Ils les attendaient juchés sur les arbres, mais ils tiraient aussi mal que l’ANC et la colonne échappa à ce nouveau traquenard, sauf la première jeep qui tomba dans une fosse. La nuit tombait, mais les hommes poursuivirent leur route vers Wamba malgré la fatigue. Soudain, ils aperçurent des fusées de signalisation dans le ciel et le 11 février vers quatre heures du matin ils atteignaient cette localité où avaient péri le 26 novembre treize missionnaires catholiques, dont monseigneur Wittebols. Les simba avaient précipité leur corps dans le petit torrent qui  donne son nom à Wamba. La colonne que certains journaux congolais signalaient détruite s’arrêta au centre du village sans avoir subi d’autres pertes. Les membres de la colonne congratulèrent avec enthousiasme les volontaires venus leur porter secours. Ceux du peloton d’infanterie blindée BERO avaient eu plusieurs blessés et un tué : Tommy Carpentier, un ancien colon de Rungu rescapé des massacres simba (voir le texte « Mulele Maï » dans le TTO). L’hélicoptère H21B venu pour les évacuer était tombé en panne et son équipage bloqué au sol avait pris place dans la colonne avec les blessés. Le départ pour la dernière étape fut prévu tous feux éteints et dans l’obscurité pour tromper les rebelles simba. Vers 19h00, la colonne de secours quitta Wamba la première, suivie une heure après par la colonne du major François. Avant d’abandonner cette localité, le feu fut mis aux cases indigènes et les volontaires disposèrent des grenades piègées du type « booby trap ».

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Ville de Paulis, retour d’opération.

Il restait 123 kilomètres à faire pour rejoindre leur dernière étape et les véhicules roulèrent dans l’obscurité. Vers 07h00, ils effectuèrent une courte halte à 30 km de Paulis, puis ils repartirent dans la matinée. La population africaine de la ville s’était massée le long de la route pour les accueillir et une fanfare se mit à jouer des airs militaires. Ils furent reçus par les membres de l’EM d’Ops Nord et par les officiers S3 et S2 de la 5e Brigade, venus sur place pour constater l’étendue des pertes. L’opération d’appui logistique sur Paulis avait coûté cher : une dizaine de volontaires européens et une trentaine de soldats africains avaient été blessés, trois Européens et une dizaine d’Africains tués, un important matériel, dix-sept véhicules, dont deux blindés légers, des camions et des jeeps avaient été détruits et des armes avaient été perdues. Le major Mueller, qui avait abandonné son beau béret rouge, ne s’était plus fait remarquer durant le reste du trajet et il disparut discrètement vers l’aéroport. On ne devait plus le revoir sur la scène congolaise et son nom fut marqué sur une liste d’indésirables du 6e Bn commando. Quelques années plus tard, un ancien de la colonne le retrouva à Bockburg dans le Transvaal (Afrique du Sud) où il dirigeait une équipe de gardiens de nuit. L’offensive prévue pour verrouiller les frontières fut rebaptisée opération « North-East » et elle fut confiée au major volo Hoare qui opéra à partir de Bunia avec son 5e Bn commando sud africains et le 14e Bn commando katangais. Elle fut suivie par l’opération « White giant ». Quant à la compagnie d’infanterie blindée, elle fut dissoute en avril 1965 et le matériel roulant servit à former le 1er commando de choc de Bob Denard. Cette nouvelle unité du 6e Bn commando reçut la mission de reprendre Buta avec le 8e Bn commando katangais au cours de l’opération « Violettes impériales » en mai 1965.      

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Préface du livre N’GE qui me semble d’emblée nous mettre dans l’ambiance

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Quelques extraits vous transportant en pleine guérilla équatoriale:      

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Article en hommage à tous les mercenaires morts au combat, combattants qui ont sauvé des civils du massacre commandité par les rebelles communistes, remerciements plus particulier à un de ceux qui en étaient :Francis Carlier ainsi qu’à l’historien JP Sonck.

   

 

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11 commentaires
  1. G5G permalink

    A la lecture de ce récit, l’ancien qui a fait la guerre d’Algérie, plus d’un demi siècle après, revoit des situations similaires, voire du matos et de l’armement identiques, avec cette différence, que les p’tits gars du Contingent qui servaient dans les unités combattantes, généralement bien encadrés par des anciens qui avaient l’Indo,, étaient d’une autre pointure que ces mercenaires, certes courageux, mais commandés par des brèles. Un simple S/Lt sortant frais émoulu de Cherchell, aurait fait au moins, au préalable, une rapide analyse de la situation, selon les principes de base de la MRT avant d’engager ses hommes dans un tel merdier. Il est vrai que la vie d’un mercenaire cel ne compte pour rien.

  2. Pour ça que ces mercenaires méritent un hommage, tu l’as dit, leur encadrement au sein des forces armées africaines et leur logistique……. précaires…… n’en font qu »augmenter leur mérite.

  3. fox trot kilo charly permalink

    moi ancien de l armée belge, j ai failli partir en 65 au congo mais j ai rencontré un de mes sergents paras qui en revenait et m en a découragé vu les atrocités que les rebelles faisaient subir aux blancs qu ils attrapaient…reconnaissance à soldat du contingent pour la mémoire de ces derniers héros des temps modernes comme il dit et vive les anciens des armées de terre franco belges!

  4. fox trot kilo charly permalink

    j ajoute, votre nouvelle société ne produit plus d hommes capables de se sacrifier , il n y a plus que des tapettes qui s habillent et se coiffent comme des gonzesses, l europe occidentale crevera de l élimination progressive des derniers males avec 1 paire de couilles! la preuve, on est envahi et les seuls males dignes de ce nom ne proviennent plus que d afrique ou d asie!je suis content d etre vieux et de crever bientot pour ne pas voir ce qui va advenir à la france et à la belgique, pays déja conquis ou les derniers hommes rasent les murs, ya plus que des pédés, des socialo communistes écolo bobo et des étrangers qui font que ramener leur sale gueule!

  5. G5G permalink

    Fox Trot Kilo Charly de G5G, reçu 5/5. On est bien d’accord.Mais ne perdons pas de vue que 1% de « couillus » dans une population de gnous à la française peut sauver un pays comme la France ou la Belgique.Aujourd’hui comme hier, le point déterminant c’est le chef.L’Histoire nous rappelle que ce sont les événements qui créent les chefs. Jules César fut l’enfant de la guerre civile, de même Napoléon fut celui de la Révolution.

  6. G5G permalink

    Face à la barbarie, le soldat en opération devrait avoir sur soi sa grenade défensive et ses pilules de cyanure.

  7. @FOX TROT : Le pire c’est qu’en plus nous leur fournissons les armes pour nous vaincre.
    En regardant un jour une émission qui montrait un blanc (le seul dans la salle) en train
    d’apprendre aux futurs vigiles, taillés comme des armoires à glaces, les secrets de techniques
    de combat je ne pouvais m’empêcher de regretter que ce ne soit pas des originaires du
    pays, car si un jour ça devait mal tourner, non seulement ils possèdent la carrure mais en
    plus ils détiendront nos méthodes de combat. Je pensais à cet historien
    parlant de Jules Césars qui dans sa jeunesse allait prendre des cours d’art oratoire
    chez les Grecs et qui disait :  » Les Grecs lui donnaient les armes qui allaient contribuer à
    les vaincre quelques années plus tard ». Tous le monde sait comment ce génie de la guerre
    savait s’y prendre pour harenguer et convaincre ses légions. Regarder le passé permet
    quelquefois de se livrer à certaines comparaisons. Pas la peine d’être madame Soleil pour
    appréhender ce genre de vision. Celà nous pend au nez.
    Pour l’article vous avez bien fait car cela permet de ne pas juger sur le seul mot de
    mercenaire qui a une connotation péjorative.

  8. J’ai entendu dire que le « Che » Ernesto Guervara avait fait la guérilla au Congo… Est-ce exact ?

    • ça fait partie d une légende , ce salopard de communiste était un lâche qui se battait en base arrière, c était une vieille pourriture fils de bourgeois qui s est jamais battu à la régulière, certes il a accompagné les troupes de Castro et est reparti en Bolivie mais il restait sous la tente avec l état major à fumer des cigarillos et torturer les prisonniers….vu comment il était foutu physiquement et avec son éducation de pistonné issu de la haute bourgeoisie , tout ce dont il était capable c était d’ achever des prisonniers de sang froid avec son révolver, ça fait gerber qu une fiente pareille reste l icone des jeunes rebelles!

  9. De Fays Nancy permalink

    Je m’appelle Nancy Defays et je suis une rescapée de Wamba.. Je me rappelle du Major Marchal… J’étais une enfant de 10 ans 1/2 et avait 11 ans lors de ma délivrance grâce aux « affreux », ces magnifiques mercenaires!! Mon père a été assassiné dans la mission des pères blancs à Wamba, et la lance qui l’a tué m’a ensuite transpercé la cuisse. Nous étions un convoi de sœurs catholiques, de femmes, et 3 enfants : mon frère de 13 ans, un petit garcon et moi, et avions été emmenés dans la brousse en direction du Soudan. C’est dans un village vide que les mercenaires qui nous pistaient nous ont retrouvés, je me rappelle des tirs et de la peur inouïe… Puis une voix à crié : si il y a des otages, sortez vite vite ! Ma mère était enceinte de 5 mois de ma sœur, elle a été séparée de moi, j’ai été portée par un Sud Africain ou un Australien. Il avait un chapeau de brousse relevé sur le côté, dans un camion… Il m’a installée devant une mitrailleuse et m’a demandé de tenir le chargeur pendant qu’il tirait partout… Et ces mercenaires m’ont aussi sauvé la jambe, il y avait leur médecin espagnol qui voulait me la couper car j’avais la gangrène, et malgré la confusion, j’étais terrifiée.. Deux mercenaires m’ont fait une chambre de la leur (nous devions être dans une des missions catholiques), un a sorti un terrifiant Arsenal d’armes, à tout mis autours mon lit, et m’a assurée que plus rien ne m’arriverait: j’avais ma jambe soignée, nous étions sauvés et il était la avec son pote pour me garder. !! Quels souvenirs! Quels hommes! Un m’a donné son béret rouge, je l’ai égaré par la suite… Merci à vous, tous, d’avoir été là, d’avoir parfois enfreint les ordres pour aller au devant des otages, ce qui a été mon cas : de savoir des enfants encore possiblement vivants les a poussé à agir et tout tenter pour les sauver, alors qu’il était décidé de les abandonner,

  10. michelange permalink

    Bonjour je sui a la recherche de mon père Michel il était dans l’armée force public il a étudié a l’athénée de bukavu il était propriétaire de hôtel du lac (svp si vous avait des infos sur lui contacter moi au+243997017627

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