Il n’a pas fallu prendre la capitale de force étant donné la présence à Bangui de 400 militaires du 8e Régiment parachutiste d’infanterie de Marine (8e RPIMa) depuis le début de l’opération Boali lancée en 2002. Les troupes de  marines sont la force principale de l’opération Sangaris. Il s’agit, en l’occurrence, des compagnies du 3e et 8e RPIMa et du 21e RIMa et du 6e bataillon d’infanterie de Marine (BIMa) déployé à Libreville (Gabon). Ces unités sont complétées par un détachement du 1er Régiment de hussards parachutistes. La préparation de l’opération a commencé le 24 novembre. 30 spécialistes du 25e régiment du génie de l’air sont arrivés à Bangui depuis la France. Plusieurs dizaines de vols des avions de transport Antonov 124 (la France ne disposant d’aucun moyen logistique!) en provenance de Libreville ont acheminé les matériels indispensables. Le 30 novembre, 200 spécialistes militaires et une compagnie de paras sont arrivés à Bangui depuis le Gabon à bord d’un Airbus A340. Ainsi, plus de 600 militaires français se trouvaient déjà à Bangui le 5 décembre.

En plus, le 16 novembre, le porte-hélicoptère Dixmude (classe Mistral) a quitté Toulon, embarquant deux hélicoptères Gazelle et une réserve opérationnelle : 350 parachutistes et leurs matériels. Dans la soirée du 28 novembre, le bâtiment a atteint le port de Douala et son déchargement a commencé le 1er décembre. Le 5 décembre au soir, le général Francisco Soriano est arrivé dans la capitale centrafricaine pour commander l’opération. Le général Soriano est à la tête des forces françaises au Gabon et à ce titre, il a sous sa responsabilité l’opération Boali. Le 6 décembre, un C17 britannique a acheminé dans la capitale centrafricaine les premiers véhicules de combat et une compagnie du 1er Régiment de chasseurs parachutistes. Vendredi soir, la force française comptait 1 000 militaires et samedi soir, 1 600. Selon le président français, « c’est un chiffre qui demeurera autant que nécessaire pour cette mission. Cette force va se redéployer le plus rapidement possible et partout où il y a des risques pour la population ». Le contingent dispose aussi de quatre hélicoptères Puma et de deux Gazelle. Il faut cependant mentionner les forces secrètes qui seront de toute évidence impliquées dans l’opération. Le Commandement français des opérations spéciales (COS) est présent dans cette région d’Afrique. L’objectif est de « sauver les compatriotes capturés par des combattants et d’éliminer des groupes terroristes islamistes en Afrique occidentale ». En 2012, le COS a déjà mené l’opération Sabre dans le Sahel, mais aussi des opérations en Mauritanie, au Niger et au Mali ayant créé secrètement dès 2010 un important arsenal militaire dans les pays de la région. Le COS est placé sous les ordres directs du chef d’état-major des armées et comprend des composantes spéciales des trois armées et, entre autres des régiments de parachutistes (1er PRIMa notamment), des commandos de la Marine (Jaubert, Trepel, de Penfentenyo, de Montfort, Hubert), un commando de parachutistes de l’Air n° 10 pour ne citer que ceux-ci. Le COS est doté de sa propre aviation, un régiment d’hélicoptères des forces spéciales (ancien DAOS) et un détachement d’avions de transport des opérations spéciales (Hercules C130 et C160 spécialement équipés).

A l’en juger d’après l’expérience des opérations au Mali, les unités doivent former un groupement tactique interarmes (GTIA) dont des éléments seront déployés dans le Nord-ouest du pays pour occuper les points stratégiques les plus importants. Étant donné que la situation en Centrafrique exige plutôt des fonctions policières, ce dispositif semble être limite voire insuffisant. Cependant, la mise en place de ses propres forces policières efficaces exigera beaucoup plus de temps en République centrafricaine.  

4) L’Avis du meilleur des meilleurs africaniste

Pour mieux comprendre la situation en République centrafricaine, nous publions ci-dessous un communiqué du spécialiste de l’Afrique Bernard Lugan.

bernard-lugan-portrait-2.jpgDepuis le mois de décembre 2012, la RCA, l’ancien Oubangui-Chari colonial, est un foyer de déstabilisation qui menace toute l’Afrique centrale et la région sahélo-tchadienne au moment où la contagion sahélienne a touché la zone tchado-nigériane et la Libye saharienne.

Alors que la France va intervenir en RCA, ce qu’elle aurait du faire depuis le mois de décembre 2012, je ne vais pas redire ici ce que j’ai déjà expliqué à travers mes analyses et communiqués des 26 décembre 2012, 1er janvier, 24 mars, et 7 septembre 2013 ainsi que dans le numéro de février 2013 de L’Afrique réelle et dans celui du mois de novembre 2013 à travers l’article intitulé « RCA : les coupeurs de route au pouvoir ». Néanmoins, pour résumer la situation, il importe de ne pas perdre de vue que :

1) Ceux qui font régner la terreur à Bangui sont les héritiers des bandes islamistes mahdistes et de celles de Snoussou qui razziaient les peuples de la forêt et du fleuve avant la colonisation.

2) Comme quasiment partout en Afrique, le problème est d’abord ethnique et il est à l’origine de l’instabilité récurrente que connaît cet artificiel pays, quadrilatère de 623 000 km2, non-Etat présentant de grandes différences géographiques, donc humaines, entre des régions sahéliennes, des espaces soudanais, des savanes centrales, une forêt méridionale et des régions bordières du fleuve.

3) L’histoire de RCA depuis l’indépendance est rythmée par l’alternance de cycles ethno-politiques conflictuels qui donnèrent tour à tour le pouvoir à des populations originaires des grandes régions du pays comme je l’ai longuement expliqué dans le numéro de l’Afrique réelle du mois de février 2013.

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Le 15 mars 2003 le général François Bozizé, un Gbaya, ethnie originaire de l’ouest du pays, accéda aux affaires au moment où tout le nord de la RCA était touché par la contagion du conflit soudano-tchadien. A plusieurs reprises, les rebelles tchadiens opposés au président Idriss Déby Itno et soutenus par le Soudan tentèrent ainsi de contourner les défenses tchadiennes par le nord de la RCA et ce fut à partir de ce moment que la région de Birao et des « trois frontières » (Soudan-Tchad-RCA) échappa définitivement aux autorités de Bangui pour devenir une « zone grise ». A la fin du mois de décembre 2012, venus de cette région, quelques centaines de combattants appartenant à de petites tribus nordistes et islamisées, dont les Gula et les Runga, appuyés par des Soudanais et des Tchadiens, avancèrent vers Bangui, la capitale, groupés dans un hétéroclite mouvement créé pour la circonstance et qui prit le nom de Séléka (coalition en langue sango).
Ce qui, au départ, n’était qu’une razzia lancée par deux ou trois centaines de coupeurs de route se transforma alors en une entreprise de conquête du pouvoir. Au noyau initial vinrent ensuite s’agréger plusieurs mouvements ethno-politiques microscopiques dirigés par de vieux chevaux de retour de toutes les aventures centrafricaines.

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Le pillage de Bangui débuta alors, suivi par le massacre des Gbaya et des chrétiens. L’anarchie gagna ensuite l’ensemble du pays, les bandes du Séléka se livrant à un pillage en règle des populations cependant que Michel Am Nondroko Djotodia président autoproclamé le 24 mars 2013 était totalement dépassé par les évènements. En RCA où, une fois encore, la longue histoire explique les évènements contemporains, l’intervention militaire trop tardive ne réglera pas le problème de fond. En effet, le Séléka va se débander devant les troupes françaises mais :

1) La question de la pacification de la région des trois frontières ne sera pas réglée car le Soudan constituera la base arrière de tout futur mouvement.

2) La seule solution qui sera proposée par la France sera une nouvelle fois un processus électoral, donc une ethno-mathématique, qui redonnera le pouvoir aux plus nombreux, donc aux peuples de la savane. Les « gens du fleuve » au sud et les nordistes seront automatiquement perdants car minoritaires, ce qui sera la cause de futurs conflits…

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5) Tout frais, l’armée fr contre les chrétiens:

Les militaires français ont mené mardi matin une opération à Bangui dans le quartier Boy-Rabe, fief des « anti-balaka ». Ceux-ci lancent régulièrement des attaques contre les civils musulmans, assimilés aux anciens rebelles de la Séléka qui ont fait régner la terreur pendant plusieurs mois.L’armée française a mené mardi matin une opération militaire à Boy-Rabe, quartier nord de Bangui et bastion des milices chrétiennes « anti-balaka » (« anti-machettes »). Sur la route menant à l’aéroport, plusieurs véhicules blindés étaient ainsi déployés à l’entrée du secteur, survolé par un hélicoptère. Boy-Rabe est le fief de l’ancien président François Bozizé, renversé en mars dernier par le coup d’Etat à l’origine de la situation actuelle. Il s’agit du quartier chrétien de la capitale, où sont notamment basés de nombreux miliciens « anti-balaka », en lutte contre l’ex-rébellion de la Séléka qui a porté au pouvoir Michel Djotodia. Ces miliciens de la Séléka, qui ont fait régner la terreur pendant plusieurs mois, sont quant à eux musulmans.   Jusqu’à présent, l’armée française, dont la mission est de désarmer les milices, était essentiellement intervenue face aux anciens de la Séléka, les seuls à déambuler en armes dans les rues de la capitale. Mais, à la faveur du désarmement de ses « ennemis », la population chrétienne cherche désormais à se venger. Les lynchages, spontanés ou organisés comme le 5 décembre dernier, se sont ainsi multipliés contre les musulmans, assimilés à la Séléka.

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Nouvelle étape: « C’était une opération de sécurisation de quartier », a déclaré le général Francisco Soriano, qui commande le dispositif français. « Nous avons des indices de possible présence d’anti-balaka. Le quartier a fait l’objet de nombreuses exactions (…). L’intérêt, c’est d’aller vérifier ces indices sur les anti-balaka », a-t-il expliqué le général Soriano. Il est probable que d’autres opérations du même genre soient menées dans les prochains jours. L’armée française entame en effet une nouvelle étape de son désarmement des milices et groupes armés. Neutralisés et consignés dans leurs casernes, de nombreux ex-Séléka étaient furieux de ce désarmement à sens unique selon eux, qui réduisait leur pouvoir et les laissait incapables de défendre la communauté musulmane. De nombreux Banguissois reprochaient également aux Français de rester sur les grands axes et de ne pas pénétrer en profondeur dans les quartiers, dédales de ruelles en terre aux innombrables maisonnettes, où se poursuivent toujours des violences -pillages et lynchages- entre chrétiens et musulmans.

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Evolution de la situation, l’état fr exige des renforts des alliés européens! Réponse: en gros il peut aller se brosser !

Tout va mal en Hollandie… sauf la guerre ! Après le Mali, la République de Centrafrique mise à feu, à sang, à viol et à pillage. Soit… et le consensus est, à nouveau, à peu près national pour soutenir l’initiative guerrière de l’Élysée… Il n’en va pas de même des appuis internationaux. Certes, la France a obtenu le feu vert de l’ONU, mais côté soutiens militaires, il y a comme qui dirait… pénurie, malgré les déclarations optimistes de notre sémillant ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius : « Je crois pouvoir vous affirmer, compte tenu des démarches qui ont été faites par la France, que nous aurons bientôt des troupes au sol qui seront apportées par nos collègues européens. »

Eh bien ! « T’as qu’à croire », semble lui répondre l’Union européenne… La Belgique « envisage » d’envoyer 150 soldats. Et encore, pour une simple « mission de protection » des aéroports et sans doute pas avant… la fin du mois de janvier !

RFI souligne toutefois qu’il s’agit d’un effort supplémentaire du gouvernement belge « qui avait déjà donné son feu vert à la mise à disposition de l’opération Sangaris d’un avion de transport gros-porteur Airbus A330 et d’un avion de transport tactique ». Tant de générosité va droit au cœur.

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Comme celle de la Pologne, autre pays prêt à soutenir notre effort militaire, qui exclut toutefois l’envoi de troupes à Bangui… Le pays mettra à notre disposition un avion de transport militaire (attention : avec son équipage complet !), mais ce soutien logistique aérien restera toutefois limité : « L’avion devra stationner à Toulon, dans le sud-est de la France, et faire la navette avec l’Afrique. » Point trop n’en faut.

Qui encore ? Toujours d’après RFI : « L’Espagne, pour sa part, a déjà annoncé un soutien, notamment dans le transport de troupes et de matériel. De même que Berlin, qui a mis à disposition des capacités de transport aérien. Les Pays-Bas, l’Autriche et la Grande-Bretagne n’envisagent pas non plus l’envoi de soldats. Quant à la Suède, la Finlande, la Hongrie et la Bulgarie, aucune décision n’a encore été prise. »

Rappelons pour mémoire ce qu’a été ou est encore à ce jour la participation des États membres de l’Union européenne à la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) qui opère en Afghanistan et constitue la composante militaire de la coalition, sous l’égide de l’OTAN opérant dans ce pays depuis 2001 : Allemagne (2.800 personnes en 2006 ; 3.465 personnes en juin 2009 et 4.920 en 2011), Belgique (≈ 620 en 2009 et 530 en 2011), Croatie (150 en 2009 et 300 en 2011), Danemark (700 en 2009 et 750 en 2011), Espagne (780 en 2009 et 1.470 en 2011), France (4.000 en 2011, retrait des forces de combat fin 2012 et 2.500 en 2013), Italie (2.350 en 2009 et 3.770 en 2011), Lituanie (200 en 2009 et 180 en 2011), Pologne (2.000 en 2009 et 2.490 en 2011) , Portugal (152 en 2009 et 115 en 2011), République tchèque (580 en 2009 et 470 en 2011), Roumanie (900 en 2009 et 1.695 en 2011), Royaume-Uni (8.300 en 2009 et 9.500 en 2011 ), Suède (265 en 2009 et 500 en 2011)…

Évidemment, la République de Centrafrique n’est pas l’Afghanistan. Les intérêts de l’Occident n’y sont pas les mêmes… enfin, surtout ceux des États-Unis d’Amérique, semble-t-il… et une fois de plus, l’Union européenne y brille en matière de politique internationale par son absence ! Ou sa désertion, au choix !

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Des membres de la Séléka, à Bossangoa, le 25 novembre 2013

Des membres de la Séléka, à Bossangoa, le 25 novembre 2013

Contrairement à l’« impératif humanitaire » agité par le président François Hollande, l’« Opération Sanguiris » menée par 1200 soldats français vise à contrer l’arrivée des Chinois et surtout à contrôler les réserves d’or, de diamant et d’uranium présentes dans le sous sol de la Centrafrique. Un pays plus grand que la France et Belgique réunies et où Areva, Total, Bolloré, France Télécom… dictent déjà la loi, malgré les atrocités. Après la Côte-d’Ivoire de Laurent Gbagbo, la Libye de Kadhafi et le Mali en Afrique de l’Ouest (Opération Serval), la France a décidé, le 3 décembre 2013, d’intervenir militairement en République centrafricaine (RCA), un pays situé justement au centre de l’Afrique. François Hollande et ses officiers ont attribué le nom d’un papillon aux ailes rouge sang à cette opération militaire : le « Sanguiris ». Cette « Opération Sanguiris » est entrée dans sa phase opérationnelle le 8 décembre, date à laquelle 800 soldats sortis des casernes hexagonales 72 heures avant, ont rejoint leurs collègues à Bangui, capitale de la RCA. Ce ralliement porte à 1600 le nombre de militaires français dans ce pays étendu sur 622980 km2 et peuplé de cinq millions d’âmes damnées par un demi-siècle de guerre et de misère tous azimuts. Avant l’« Opération Sanguiris », l’armée française disposait déjà des troupes suréquipées en Centrafrique. Elles sont stationnées à l’aéroport de Bangui-Mpoko.

Des membres de la Séléka, à Bangui, le 5 décembre 2013

Des membres de la Séléka, à Bangui, le 5 décembre 2013

Officiellement, l’« Opération Sanguiris » est la réponse à une « situation catastrophique ». Une réaction « humanitaire », pour sauver « un peuple qui souffre et nous appelle », a déclaré François Hollande, le 6 décembre 2013, lors du Sommet Afrique-France qui se tenait à l’Elysée. « Les Français doivent être fiers d’intervenir quelque part sans intérêts », a ajouté le « socialiste » Hollande. Le même jour et au même endroit, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), s’était joint au président français au grand cœur pour saluer la décision ainsi prise par le successeur de Nicolas Sarkozy. Ban Ki Moon avait personnellement fait le déplacement de Paris pour participer à la grand’messe françafricaine organisée et présidée par M. Hollande avec pour thème officiel : « Paix et sécurité en Afrique ». Avant Ban Ki Moon, d’autres fonctionnaires de l’ONU comme Navi Pillay et Jan Eliasson avaient, à tour de rôle, agité le spectre d’un « conflit ethnique et religieux » qui « paralyse la Centrafrique ». Finalement, l’ONU a voté la résolution 2127 qui autorise une intervention militaire africaine avec l’appui des forces françaises. Quelle suite logique !

Des soldats français à l’aéroport de Bangui, le 10 décembre 2013

Des soldats français à l’aéroport de Bangui, le 10 décembre 2013

Ce serait un non sens que la France qui n’a pas une longue tradition de philanthropie intervienne en Centrafrique tout simplement pour « sauver un peuple qui souffre et nous appelle ». D’autant plus que les souffrances des Centrafricains ne datent pas de 2013 ! Ce peuple souffre depuis 1960 des turpitudes de ses six présidents successifs : David Dacko, Bokassa Ier, André Kolingba, Ange F. Patassé, François Bozizé, Michel Djotodia. Tous sont arrivés au pouvoir après un coup d’Etat. Et la main de la France, puissance colonisatrice a toujours été perçue ou annoncée derrière ces différents putschs. La France a des intérêts en Centrafrique. Aujourd’hui, elle contrôle l’économie centrafricaine ou ce qui en tient lieu. Bolloré y a la main mise sur la logistique et le transport fluvial. Castel règne en maître dans le marché de la boisson et du sucre. CFAO y contrôle le commerce des voitures. Depuis 2007, France Telecom est entrée dans la danse. AREVA est présente en RCA même si, officiellement, le géant du nucléaire n’est encore qu’à la phase de l’exploration. Total y renforce son hégémonie dans le stockage et la commercialisation du pétrole, mais doit composer avec Tradex, une société camerounaise spécialisée dans le trading des produits pétroliers. Depuis l’arrivée de Michel Djotodia au pouvoir, en mars 2013, un ballet d’hommes d’affaires et de lobbyistes français s’observe à Bangui. Jean-Christophe Mitterrand, Richard Attias, Claude Guéant, Laurent Foucher… s’illustrent par un activisme affairiste en Centrafrique, révèle régulièrement la presse. Et ce n’est pas nouveau.

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Lorsque la France installe un nouveau chef à la tête de la Centrafrique, de nouveaux liens d’affaires naissent et se consolident en violation des lois et parfois de l’éthique. Au tournant de la décennie 1970 par exemple, une scabreuse affaire, révélée par un journal français, Le Canard enchaîné, a présenté aux yeux du monde le type de relations qui existe entre certains présidents français et ces nouveaux dictateurs qu’ils placent à la tête des néo-colonies. En effet, lâché par la France à qui il avait abandonné l’exploitation de son pays sans se soucier des intérêts de la population, Bokassa Ier (il s’est fait introniser comme empereur pendant son mandat) avait révélé les plaquettes de diamant qu’il offrait en cadeau à son homologue français. Le 10 octobre 1979, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné porta cette « affaire » sur la place publique. La classe politique s’en était saisie. L’affaire porta un sérieux coup à la carrière politique du président. Eclaboussé, Giscard d’Estaing fut battu aux élections de 1981 par le « socialiste » François Mitterrand… Autant dire que ce n’est pas en Centrafrique que la France ira faire des leçons de morale ! Derrière ses multiples « Opérations » guerrières, la France tente bon an mal an de reprendre ses positions économiques en Afrique. Le 4 décembre 2013, alors que les troupes françaises prenaient la direction de Bangui, Pierre Moscovici présidait un forum économique franco-africain à Bercy. Le ministère français de l’Economie avait réuni 560 entrepreneurs français et africains, des ministres et des chefs d’Etat, pour tenter de sauver la place de la France en Afrique. Séance tenante, Hubert Védrine, ancien ministre français des relations extérieures, a donné une sorte de bouée de sauvetage au ministre Moscovici à la recherche des quatre points cardinaux ! Il s’agit d’un rapport intitulé : Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Dès le premier point, le Rapport Védrine propose de réviser « la politique française de visas économiques afin de faciliter la circulation des acteurs économiques entre la France et l’Afrique ». Ce qui est déjà une véritable révolution. Jusqu’ici, les entrepreneurs africains qui sollicitaient un visa pour la France étaient soumis aux mêmes conditions draconiennes qu’un adolescent désireux d’aller poursuivre ses études en Hexagone. Comme si un Africain capitaine d’industries prospères dans son pays représentait un risque migratoire pour l’Europe ! Les temps ont changé. Et pour « renforcer l’influence de la France en Afrique » (15ème proposition du Rapport Védrine), les autorités françaises font donc des concessions. Comment pouvait-il en être autrement ? « En dix ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché en Afrique subsaharienne », a reconnu Pierre Moscovici.

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En même temps on supprime des effectifs! (1 rgt d’élite de+)

Face aux 26 chefs d’Etat qui ont pris part au Sommet de l’Elysée, le président français a multiplié les opérations de charme. Il a annoncé la mise en place d’un fonds d’investissement de 20 milliards. L’hôte des présidents africains a aussi pris l’engagement d’affecter un milliard d’euros à l’Agence française de développement (AFD) pour le soutien du Green business, de l’innovation et des nouvelles technologies en faveur de l’Afrique. En s’inscrivant dans la logique de son ministre des Finances qui a enfin avoué que « l’Afrique est une chance pour la France », M. Hollande veut ainsi reconquérir le cœur des Africains aujourd’hui plus attentifs vis-à-vis de Pékin et de New Delhi. Last but not least, le président français a annoncé la création d’une fondation franco-africaine au sein de laquelle les investisseurs privés français et africains joindront leurs ressources pour plus de valeur ajoutée. Il a fallu trois siècles pour que la France y songe ! L’Empire du Milieu est inévitablement cité dans le Rapport Védrine comme le principal responsable du recul de la France dans les échanges avec l’Afrique. Ce qui est vrai. En République centrafricaine, la Chine a fait une entrée fracassante dans le secteur du pétrole. Au grand dam de Paris et de son relais néocolonialiste dans la sous région : Idriss Deby. En effet, arrivé au pouvoir par coup d’Etat, en 2003, avec l’aide manifeste de Paris et de N’Djamena, François Bozizé, qui a eu le temps de se faire élire en 2005, n’a pas résisté aux propositions de la Chine qui multiplie les aides, accroît ses investissements sur le continent avec moins de conditionnalités. Ce qui tranche avec l’arrogance et le paternalisme des « partenaires traditionnels » de l’Afrique. Les résultats de ce rapprochement avec l’Empire du Milieu ne se sont pas fait attendre. En 2008, la Chine a accordé à la RCA des aides et un prêt pour un montant global de 3,25 milliards de francs CFA soit 4,4 millions d’euros. L’enveloppe a permis de construire des écoles et hôpitaux dans cet océan de précarité qu’est la Centrafrique. Quelques mois après, le président Bozizé s’est rendu en Asie où il a été reçu, le 10 septembre 2009, au Palais du peuple, par Hu Jintao, alors président de la République populaire de Chine. Ce qui ne saurait rassurer ni Paris, ni N’Djamena. D’autant plus que tout ne s’est pas limité à la poignée de main entre le président centrafricain et son homologue chinois.

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Et on crache sur les guerriers qui ont construit ce pays!

Dans les faits, le rapprochement entre Bozizé et Hu Jintao a permis à la Compagnie chinoise CNPC de reprendre le permis de recherche, développement et exploitation du pétrole de Boromata, dans le Nord-est de la Centrafrique. Il n’est pas inutile de rappeler que pour ce gisement, Ange Félix Patassé, le prédécesseur de Bozizé, avait accordé un permis similaire au pétrolier étasunien Grynberg RSM. L’industriel de Denver, invoquant l’insécurité, n’a pas pu conduire les recherches et le permis a expiré en 2004. La cession du sésame aux Chinois pouvait-elle plaire à ceux qui ont permis à François Bozizé d’accéder au pouvoir ? Fraichement déchu de ses fonctions en mars 2013, le désormais ex-président Bozizé a affirmé sur les ondes de Radio France International (RFI) que « j’ai été renversé à cause du pétrole ». Sans plus de détails. Trois mois avant (27 décembre 2012), le président François Bozizé avait prononcé un discours dans lequel il affirmait clairement que ce qui se cachait derrière la crise qui secouait alors son pays n’était rien d’autre que l’opposition française émise plus tôt contre l’octroi des contrats d’exploration de pétrole aux Chinois. « J’ai donné le pétrole aux Chinois et c’est devenu un problème », martelait Bozizé, acculé par les rebelles. Le fait que le président Bozizé ait pris l’habitude de s’afficher avec les dirigeants chinois a aussi provoqué la colère de Washington. Et les câbles diplomatiques à ce sujet le démontrent à suffisance. Le 17 juin 2009, l’ambassadeur étasunien en RCA, Frederick Cook, avait envoyé un câble à Washington dans lequel il affirmait que les « relations France-RCA sérieusement sous tension. […] Bozizé semble croire avoir réussi à être le moindre mal dans le paysage politique de la RCA. Il s’imagine donc être indispensable pour ses voisins et les Français, une supposition que l’ambassade américaine (« AmEmbassy ») à Bangui croit être une erreur grossière », écrivait alors le diplomate étasunien. Une autre dépêche envoyée cinq mois plus tard avait valeur d’alerte : « L’influence chinoise grandissante en RCA est évidente ». Le câble précisait dans quelle mesure tant les intérêts américains que français étaient en train de céder du terrain à Beijing qui ne cessait d’« accroître sa coopération militaire, sa diplomatie publique et ses efforts de développement ». L’ambassadeur soulignait pour s’en inquiéter que contrairement aux quatre agents diplomatiques résidant à l’ambassade américaine de Bangui, l’ambassade chinoise comptait une quarantaine d’employés. Frederick Cook ajoutait qu’environ 40 officiers de l’armée de la RCA étaient formés tous les ans en Chine, contre les deux ou trois officiers qui allaient aux Etats-Unis et les 10 à 15 en France. Et pour ne pas arranger les choses, Bozizé a confié la réserve pétrolière de Boromata aux Chinois, au détriment de la France et de son allié, les USA. Etant donné que ces deux puissances ont érigé le pétrole au rang des divinités, Bozizé se savait désormais sur un fauteuil éjectable. On l’a effectivement éjecté le 24 mars 2013.

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Et on empêchera pas la Chine de s’emparer de l’Afrique inéluctablement!

La France fait semblant de combattre pour renforcer son influence en RCA Rappelez-vous. Le jeudi 21 novembre 2013 lors de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits au docteur congolais Denis Mukwege et à Femmes Africa Solidarité, François Hollande avait indiqué qu’« Il se produit en Centrafrique des actes abominables. Un chaos, des exactions extraordinairement graves ». Face à l’urgence et aux 400000 personnes déplacées en Centrafrique, « nous devons agir », a ajouté le président français. Le même jour, cette fois là sur France 2, son ministre des Affaires étrangères a ajouté : « Le pays est au bord du génocide ». 48 heures avant, devant une commission du Congrès, le directeur du bureau Afrique du département d’État, Robert Jackson, avait évoqué « une situation pré-génocidaire » en Centrafrique. On le voit, le scénario est le même. Le président Français annonce la crise. Un membre de son gouvernement saute aux antennes pour décrire la catastrophe à venir. Une voix « extérieure », de préférence étasunienne ou onusienne vient accréditer la thèse alarmiste en insistant sur la violation des droits de l’homme. L’opinion internationale soumise à un matraquage médiatique et donc psychologique intense salue l’envoi des troupes sur le terrain. Car, une résolution a bel et bien été prise par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013 pour autoriser les troupes françaises à agir en appui aux forces africaines de la Misca. En Centrafrique, les populations sont victimes, en partie des exactions des éléments de la Séléka (coalition en sango, langue nationale). Mais qui compose cette fameuse Séléka ? La Séléka est une coalition de factions rebelles dissidentes issues de plusieurs mouvements politico-militaires. On y retrouve la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC). Au plus fort de la contestation du pouvoir de M. Bozizé, deux autres groupes armés ont vu le jour ou ont dévoilé leur visage au grand jour et ont rejoint la Séléka. Il s’agit de la Convention patriotique du salut du kodro (kodro signifie pays, en sango), et de l’Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R). Sans oublier les hordes venues du Tchad et du Soudan. Tous ces groupes composites ont donc fait une « alliance » de circonstance pour atteindre un objectif précis : renverser le président Bozizé. Mission accomplie en mars 2013. Or, il n’y avait qu’un seul fauteuil présidentiel à prendre et à pourvoir. Il a finalement été occupé par Michel Djotodia. L’ancien fonctionnaire du ministère du Plan qui a goûté à la prison sous Bozizé détenait le gros des troupes. Les hordes tchado-soudanaises obéissaient à son commandement. N’a-t-il pas été présenté par la presse sans démenti comme le meilleur interlocuteur de la France et du Tchad qui voulaient en découdre avec Bozizé l’« insoumis » ?

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Aussitôt installé au Palais de Bangui, Michel Djotodia a pris un décret pour dissoudre la Séléka et annoncer le « recasement et le cantonnement ». Ne se reconnaissant pas tous en lui, plusieurs éléments issus des autres groupes armés n’ont pas respecté les ordres d’un chef qui, dans tous les cas n’est pas le leur. Dans la Seléka, le « contingent » de loubards tchadiens et soudanais s’est lui aussi trouvé face à un dilemme. Ils ont été utilisés pour installer Djotodia au pouvoir. Celui-ci annonce le « recasement et cantonnement » et l’intégration dans les Forces armées centrafricaines (FACA). Or, n’étant pas Centrafricains, que vont-ils devenir ? Le nouveau président ne semble pas avoir pleinement satisfait ses alliés d’hier sur cette question. Les incompréhensions entre les différents groupes rebelles d’une part, et entre certains chefs et leurs éléments d’autre part, débouchent sur des atrocités généralisées dans le pays. Pillage, viol et assassinats en série deviennent l’activité quotidienne de ces hommes à qui on a enseigné la brutalité et la tuerie ! La chaîne de commandement étant brisée et plusieurs promesses mirobolantes n’ayant pas été tenues, personne ne contrôle plus rien. Le pays se retrouve dans la même situation d’« ingouvernabilité » que la Libye envahie par les djihadistes, après l’assassinat du Guide Mouammar Kadhafi par les troupes de l’OTAN avec la France de Sarkozy et de Bernard Henri Levy en tête. La situation centrafricaine rappelle étrangement celle qui a prévalu à Abidjan après le renversement de Laurent Gbagbo par les rebelles pro-Ouattara soutenus par la France. En effet, après la chute de l’ancien chef d’Etat de Côte-d’Ivoire, les éléments des « Forces nouvelles » (rébellion dirigée alors par Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblé nationale) ont été floués. L’argent et les autres avantages qui leur avaient été promis pendant le combat contre le régime de Gbagbo n’ont pas été livrés. Ouattara est devenu président de la République. En représailles, ces « Forces nouvelles » ont pillé la capitale ivoirienne. Non sans tuer et torturer certains commerçants innocents.

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Et on détourne l’attention du peuple fr au bord de la guerre civile

En Centrafrique, à la violence des éléments de la Séléka (essentiellement musulmans), les « Anti balaka » répondent aussi par la violence. Le deuxième groupe est constitué d’éléments essentiellement chrétiens et sont présentés comme les pro-Bozizé. Ce dernier était leader d’une église chrétienne. La presse occidentale s’appuie sur ce fait qui pour agiter mensongèrement le spectre d’un « conflit interreligieux » voire d’un « génocide » en Centrafrique. Face à cette situation chaotique, l’agitation n’est-elle pas toujours fonction des intérêts à protéger ou à conquérir ? Toujours est-il qu’en Centrafrique, la France a très vite pris les devants dès que la situation sur le terrain est devenue incontrôlable. Alors que la Mission militaire africaine Misca, commandée par le général camerounais Tumenta avait déjà déployé 2500 soldats, la France a jugé nécessaire de convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution qui lui permet d’y envoyer ses troupes tricolores. En vérité, les troupes françaises ont précédé la Résolution 2127. Celle-ci a été adoptée le 5 décembre 2013. Pourtant, les troupes avaient déjà quitté la France et étaient stationnées à Douala au Cameroun, voisin de la RCA. Mais avait-on besoin de tant de militaires hyper équipés pour vaincre quelques loubards armés de machettes et d’armes résiduelles ? Les Forces armées centrafricaines ou ce qui en reste et la Misca sont-elles incapables de vaincre ces affamés ? Bien plus, nous sommes là dans une guerre asymétrique, avec un ennemi qui n’a pas d’uniforme identifiable à priori. Ne connaissant pas le terrain, ni la composition sociologique du pays (certains arrivent en Afrique pour la première fois d’après leurs déclarations à RFI), contre qui vont se battre les soldats tricolores ? La quinzième proposition du Rapport Védrine évoqué plus haut peut permettre de répondre à ces interrogations. Il est question de « Renforcer l’influence de la France en Afrique », y a conseillé l’ancien ministre des relations extérieures de François Mitterrand. Comme la plupart des pays occidentaux, la France est encore ravagée par les contrecoups de la crise qui a secoué l’économie mondiale à partir de 2007. Arrivée au pouvoir à cette période agitée, surpris par la percée des nouveaux acteurs comme la Chine, l’Inde, et le Brésil, Nicolas Sarkozy a renfilé le manteau colonial. Et au lieu de la « Rupture » annoncée par le candidat Nicolas, l’Afrique a eu droit à une « Continuité » accélérée par le président Sarkozy, ami zélé des hommes d’affaires de la trempe de Charles Pasqua, Vincent Bolloré… Le libéral Sarkozy a bombardé la Côte-d’Ivoire et la Libye. Mais rien n’y a fait. La France, au bout de ses cinq ans de mandat, n’a pas pu reprendre sa place de premier partenaire économique en Afrique francophone, malgré le sang versé ! Le « socialiste » François Hollande qui n’avait pas fait de l’Afrique une priorité pour son mandat semble avoir oublié toutes les autres parties du monde -la France comprise- pour se tourner vers l’Afrique. Comme le commandant d’un bateau atteint par les eaux, il multiplie ses visites en Afrique. Après les obsèques de Nelson Mandela auxquelles il prenait part le mardi 10 décembre 2013, François Hollande s’est rendu sur le théâtre de guerre en Centrafrique pour galvaniser « ses » soldats qui ont déjà perdu deux frères d’arme après seulement une semaine d’action !

ACTU: Rubrique » chions sur (ce qui reste de) l’armée fr« . Encore un traitre, un collabo qui diffuse sur le web (en espérant se rendre célèbre) une image d’un soldat avec la devise  « Mon honneur s’appelle fidélité » cousue sur le bras (cf photo ci-dessous). Ce délateur serait de+un ancien para? Il espère provoquer un scandale comparable à l’histoire du légionnaire arborant un foulard tête de mort en dénonçant un pauvre combattant en train de risquer sa vie sur le terrain en Centrafrique! CONSTERNANT et  SORDIDE, parfois j’ai honte d’être français!

Pour info cette devise des troupes de la Waffen SS a été reprise par la légion après 1945, période où des milliers de soldats allemands ont eu le choix entre la légion fr et 1 départ en Indo ou rester prisonnier. Espérons que ce soldat ne subira pas le sort du pauvre gars au foulard actuellement au fond du trou, carrière militaire brisée……..

Dernière nouvelle concernant cette « affaire d’état » Source AFP:

Un soldat français déployé en Centrafrique, repéré vendredi sur une photo portant un insigne revêtu de la devise des SS nazis , (devise reprise en français par la légion suite à l’incorporation après 1945 de nombreux anciens de la Wermacht et des Waffen SS pour aller en Indochine) appartient au 8e RPIMA de Castres, a-t-on appris samedi de source proche du régiment, confirmant une information de La Dépêche du Midi.

Photographe : Remy Gabalda :: Les bâttiments du 8e RPIMA de Castres le 10 décembre 2013

De même source, on indique que les militaires de cette unité d’élite de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMA) qui ont perdu deux des leurs il y a dix jours en Centrafrique, sont « catastrophés par cette attitude totalement déplacée, étrangère aux valeurs du régiment ». On souligne toutefois que beaucoup de soldats engagés en Centrafrique sont « très jeunes, à peine plus de 20 ans », et que le porteur de l’insigne « n’en connaissait peut-être même pas la signification ». L’état-major des armées a retiré vendredi de son site la photo de ce soldat français déployé en Centrafrique portant l’insigne incriminé. Publiée sur le site de BFMTV, la photo montre un soldat l’arme au poing, avec à l’épaule un insigne portant le nombre 32 sur un drapeau tricolore. On peut y lire en allemand la devise SS « Mon honneur s’appelle fidélité » (« Mein Ehre heisst Treue »). Le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état-major, a indiqué à l’AFP que cette attitude était « inadmissible », ne reflétant « en rien la réalité dans les armées » et qu’une enquête de commandement était ouverte.

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« Le militaire sera « immédiatement suspendu », dès qu’il aura été identifié, a ajouté le colonel Jaron. Interrogé samedi matin sur l’appartenance du militaire au 8e RPIMA, le colonel Jaron s’est refusé à tout commentaire. « On n’interviendra que lorsque les faits seront établis par l’enquête.  De source proche du « 8 », on indique que le nombre 32 signifie « 2e groupe de la 3e section », ce qui devrait permettre une identification très rapide de ce soldat. Philippe Folliot, député centriste de Castres, interrogé par l’AFP, a estimé que cet acte relevait « plus d’une imbécilité de jeunesse que d’une affirmation politique ». Il y voit un « acte isolé » témoignant d’une « forme d’inculture ». « Je connais très, très bien ce régiment, il n’y a pas l’ombre d’un doute, il n’existe pas de tendances nazies dans ce régiment ». « Lorsque ce soldat sera clairement identifié, il devra être sanctionné pour le port de cet insigne non règlementaire mais ce n’est absolument pas une affaire d’Etat », a estimé le député.

Au 22/12/2013 ce para serait suspendu, voilà, t’es content le délateur? (un ex para de+!) Voici 1 agrandissement de l’insigne incriminé, certes, c’est très maladroit de la part de ce jeune homme mais vu l’inculture historique crasse dans laquelle baigne notre jeunesse, il ne s’est surement pas rendu compte de l’erreur « grave » qu’il commettait dans 1 société où règne la dictature du politiquement correct, l’honneur et la fidélité sont 2 des fondements essentiels en unité combattante, sa faute aura été de la laisser écrite en allemand car cette devise avait été reprise par la légion fr: « Mon honneur s’appelle fidélité » J’ajoute que je reste très surpris de l’inconséquence de ce sergent? Ignorait il les risques? Il accomplit 1 mission assez suivie par les journalistes qui sont plutôt là pour les fliquer que pour les soutenir! Ce ne sont pas des correspondants de guerre à l’ancienne de Stars and stripes! NON! Ce sont des jeunes recrutés sur des critères précis , des gauchistes de bonne famille n’ayant même pas fait de service militaire qui d’ailleurs se planquent à l’arrière (vous voyez des images de combats,vous?), pauvre armée pro qui va dans ces bleds pour sauver des vies, éviter que les peuplades ne s’écharpent et qui doivent y aller à la pince à escargot, heureusement il suffit de lire les réactions des français:90% soutiennent ce para!

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En clair, ça pue ! Pour ces pauvre jeunes , on a vraiment rien d’autre à faire , non seulement les envoyer au « casse pipe » mais les allumer pour portage de macarons dont ils ignorent souvent la signification! L’armée Pro c’est un métier , c’est plus l’armée de Bigeard et du contingent!

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DERNIÈRE en exclu:  Le contingent tchadien quitte Bangui 24/12/13

Les soldats tchadiens de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) ne sont pas acceptés epar de nombreux habitants de Bangui étant donné qu’ils sont considérés comme étant proches de l’ex-rébellion de la Séléka, qui, après avoir pris le pouvoir, est coupable de nombreuses exactions ayant conduit à la création de milices “anti-balaka”, à leur tour responsable d’actions de représailles à l’égard des populations musulmanes. Et la conduite d’un détachement tchadien, le 23 décembre, lors d’une manifestation anti-Séléka à Bangui, n’arrangera bien évidemment pas les choses. Pour rappel, ce dernier a tiré dans la foule et tué une personne. D’ailleurs, la MISCA a ouvert une enquête sur cet incident. En attendant les conclusions, il a été décidé de redéployer le contingent tchadien dans le nord du pays. “La sectorisation de la ville de Bangui est en cours. Bangui est sectorisée de manière à être occupée, d’ici peu, par les troupes burundaises et les troupes congolaises. Les forces tchadiennes de la Misca vont recevoir un secteur qui est plus au nord, tout comme d’autres troupes”, a ainsi expliqué le général Martin Tumenta Chomu, le commandant de la Misca, sur les ondes de RFI. Les soldats camerounais seront eux aussi concerné par ce mouvement puisqu’ils quitteront la capitale centrafricaine pour assurer la sécurité dans un autre endroit. “Il n’y a qu’un seul objectif et c’est de pouvoir efficacement prendre des positions sur la ville de manière à ramener les populations tout près des militaires, de manière à ce que les populations se sentent plus sécurisées”, a ajouté le général Martin Tumenta Chomu, qui a précisé qu’il s’agit avant tout d’arriver à une meilleure coordination afin de “pouvoir efficacement soutenir les militaires de l’opération Sangaris”. Le soldats tchadiens devraient être remplacés à Bangui par leurs homologues burundais. Mais visiblement; cette perspective ne les enchante guère puisqu’un incident se serait produit entre les deux contingents au cours de la journée du 23 décembre. Le lieutenant-colonel Pontien Hakizimana a ainsi accusé des militaires tchadiens d’avoir pris à partie une patrouille burundaise qui venait d’interpeller 6 combattants de l’ex-Séléka. “Une grenade a explosé sans faire de dégâts” a-t-il affirmé. “Les soldats tchadiens sont repartis avec les six ex-Sélékas, en tirant dans tous les sens, puis ils sont revenus en force dans l’après-midi et ont attaqué nos positions, mais nous les avons repoussés sans aucun problème”, a-t-il continué. “Les soldats du contingent burundais sont très disciplinés et aguerris et n’ont aucune responsabilité dans les incidents d’hier”, a fait encore valoir l’officier.

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Au bon vieux temps du mercenariat les choses se réglaient+simplement!

Si la situation est tendue à Bangui, elle est tout autant à Bossangoa, plus au nord, où des incidents ont opposé des soldats congolais de la MISCA à la population et à des combattants anti-balaka. Difficile d’en déterminer avec précision les circonstances, les versions des deux bords étant radicalement différentes. D’un côté, l’on affirme qu’un soldat congolais a été lynché après des tirs de semonce vers une foule de manifestant. D’un autre, l’on prétend que ce militaire était ivre et qu’il venait de tirer sur un homme avant d’être lynché). Mais selon Libération et France Info, deux combattants “anti-balaka” sont décédés dans la nuit du 22 au 23 décembre à l’hôpital de Bossangoa, alors qu’ils avaient été remis au contingent congolais. “Ils ont été passés à tabac, et sont morts de leurs blessures”, ont accusé des témoins. Un troisième a été pris en charge par Médecins sans Frontières (MSF). Un capitaine du détachement de la MISCA a admis le passage à tabac des trois hommes, en “réaction au lynchage d’un soldat congolais” par la foule quelques heures plus tôt. Quant aux circonstances de leur décès, l’officier a indiqué qu’il fallait voir avec MSF.

Lien intéressant, le point de vue d’un militaire du rang sur place:

http://www.athena-vostok.com/centrafrique-la-logique-du-caporal?fb_action_ids=562486673839584&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_multiline&action_object_map=%5B1408027956106514%5D&action_type_map=%5B%22og.likes%22%5D&action_ref_map=%5B%5D

Au 7 janvier, on ne reçoit plus rien de Sangaris, pourquoi? Le Drian vient de se rendre compte qu’il lui faudrait un effectif 6 ou 7 fois+important, effectif que notre armée pro n’a pas à moins de tout envoyer en Centrafrique:

Le 2 janvier, Jean-Yves Le Drian s’exprimait sur l’opération Sangaris : « Je vous le dis parce que je me souviens qu’au mois de février de l’année dernière, des experts – vous savez, il faut toujours faire attention parce que les experts sont souvent autoproclamés – disaient “ah mais au Mali – trois semaines après le déclenchement de l’opération Serval – la France s’enlise”. Heureusement que nous n’avons pas écouté les experts. Et que la détermination de nos forces, leurs compétences, a permis le résultat que l’on connaît. Je le dis pour le Mali mais je le dis aussi pour la République centrafricaine. »

 

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Il est bien le seul membre du gouvernement à s’être exprimé sur l’opération Sangaris, ces dernières semaines. Elle a été à peine évoquée durant les vœux de François Hollande et encore c’était pour soutenir nos forces, rien de plus. Une des dernières fois que le Président s’est exprimé en public à ce sujet c’était lors de l’hommage du 16 décembre aux deux soldats français tués : Antoine https://i1.wp.com/s2.lemde.fr/image/2014/01/02/730x487/4342153_6_8aa3_des-militaires-francais-de-l-operation_de5955869a01edc7e318002bc6b3e3f0.jpgLe Quinio et Nicolas Vokaer. Ce jour-là, il n’a pas parlé du terme de la mission qui était fixé. On sait que le 27 décembre, il s’est entretenu avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon pour demander à ce que les Nations-Unies jouent un rôle plus important dans la période de transition tout en ajoutant que : « l’action de la France visait à protéger l’ensemble de la population centrafricaine des exactions commises à son encontre, sans discrimination. » Depuis plus rien… et il n’est pas question dans l’immédiat d’un autre déplacement du Président à Bangui. Quant à Laurent Fabius, on l’a entendu discrètement le 30 décembre lors d’un déplacement au Cameroun où il a répété que l’action de la France visait à protéger l’ensemble de la population centrafricaine des exactions commises à son encontre, sans discrimination. Il a rappelé que la France et  des pays voisins voulaient permettre le rétablissement rapide et durable de la sécurité en République centrafricaine et l’organisation d’élections avant février 2015. Et pourtant, les spécialistes s’accordent pour dire qu’il manque un but précis à l’opération Sangaris, qu’on ne sait plus trop où on va. Le général Pinard Legry nous l’avait confié lors d’une interview qu’il nous avait accordée : « la question est de savoir ce que l’on veut faire ». Pour le chercheur Roland Marchal dans Libération : « le concept https://i1.wp.com/fr.africatime.com/sites/default/files/styles/large/public/photo-articles/violence_en_centrafrique_0.jpegd’opération des autorités françaises était simpliste et je crois même que, parmi les militaires, certains l’ont dit mais n’ont pas été écoutés…On serait donc en droit d’attendre des mesures d’ordre politique qui sont totalement absentes jusqu’à aujourd’hui. » Daniel Vernet, spécialiste des relations internationales sur Slate est tout aussi critique , dénonçant une mission ambigüe : « Pour éviter les massacres, qui ont fait plus d’un millier de morts rien que dans la capitale, il faut désarmer non seulement les combattants des deux camps, mais aussi les civils qui s’arment pour se défendre ou attaquer les adversaires. Les militaires ne sont pas les mieux placés et les mieux entraînés pour remplir des taches de rétablissement ou de maintien de l’ordre. Surtout quand le désordre dégénère en guerre civile. » . Pour lui, la solution politique n’est pas du tout évidente. Dernièrement, MSF a déclaré ne plus pouvoir soigner dans l’aéroport de Bangui sauf cas d’urgence et a réduit son équipe médicale à cause des violences. C’est dire… si l’aéroport n’est même pas sûr.

https://i1.wp.com/www.la-croix.com/var/bayard/storage/images/lacroix/actualite/france/centrafrique-au-cameroun-les-soldats-francais-prets-pour-le-debut-des-operations-2013-12-05-1071409/36654529-1-fre-FR/Centrafrique-au-Cameroun-les-soldats-francais-prets-pour-le-debut-des-operations_article_main.jpgLe dernier sondage révélait que l’opération Sangaris était de plus en plus impopulaire, ce qui n’a rien d’étonnant. Tout le monde attend que nos dirigeants donnent une orientation claire et précise mais là, on a plutôt l’impression qu’ils ne savent plus trop quoi faire. D’ici le début du mois d’avril, le Parlement doit se prononcer sur la prolongation de l’intervention militaire en Centrafrique.