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Les derniers putsch en France

28 août 2013

1) Le putsch de 1961 raconté par Hélie de St Marc:

Je suis parti tout seul, avec ma jeep et mon chauffeur. Arrivé devant la caserne, un peloton de zouaves en armes me dit:  » Vous ne pouvez pas rentrer. Ici, c’est l’armée légale de la république. » Je prends cela avec le sourire et demande à voir leur commandant. « Alors vous rentrez seul et sans votre révolver » , condition que je refuse; bien sur. Après quelques conciliabules, je rentre dans le camp, accompagné de 2 zouaves qui n’avaient pas l’air très guerriers , avec de bonnes bouilles de paysans français.

Je vois le commandant Sobra et lui demande de se rallier au général Challe . Il me répond:  » Mais, mon pauvre St Marc! Je suis à 6 mois de la retraite! » Je dis:  » Je n’avais pas pensé à ça mon commandant! Mais la situation est quand même dramatique. » Il ajoute alors un argument plus concret :  » Vous avez été accompagné par des hommes en armes. Il y a des comités de soldats, ils n’obéissent qu’à moitié, je suis de tout cœur avec vous mais je ne peux rien .  »  Je n’avais pas écouté l’allocution du général De Gaulle , mais de cette entrevue , j’ai déduit que l’arme la plus efficace qu’il ait maniée était celle du contingent . Le contingent est apparu pendant quelques heures comme une force de pression redoutable sur des officiers qui nous étaient favorables . de là à parler de victoire des transistors comme c’est devenu la mode , c’est un joli raccourci mais un peu surfait . Il n’y a pas eu de véritable résistance .Une analyse plus subtile montre que le contingent a été aussi un alibi extraordinaire pour beaucoup d’officiers qui refusaient de se mouiller .

Le lundi 24 avril, les soutiens du général Challe se dérobent les uns après les autres . Les officiers commencent à s’entre arrêter : selon les cas, les félons emprisonnent les loyalistes ou inversement . A Alger , l’OAS qui vient de se créer, libère Dauvergne et Peintre , les meurtriers de l’avocat général Popie . Ancien légionnaire Dauvergne se présente au PC du 1er REP pour réintégrer son unité . Le commandant de St Marc le rabroue sèchement :  » Je n’ai pas besoin d’un assassin,ici.  » Et Dauvergne, penaud réintègre sa cellule.

Ma troupe était une troupe étrangère . J’avais tout à fait conscience qu’utiliser la fidélité de soldats d’origine étrangère pour résoudre un conflit franco-français pouvait être critiqué .Or , au contact d’une ébullition des esprits et d’un début de guerre civile , le régiment risquait de devenir difficile à tenir . Je ne voulais pas que l’instrument dont j’avais la charge se détériore , s’effiloche dans tous les sens et devienne incontrôlable

VEILLÉE FUNÈBRE:  Le lundi soir, les 4 généraux s’adressent à la foule algéroise: 100 000 personnes massées sur le forum , une marée humaine,tendue, désordonnée, avide – et presque exclusivement européenne . Challe, Salan, Jouhaud et Zeller se tournent pour la 1ere fois vers leurs troupes alors que tout est joué et presque perdu! Pour Maurice Challe , l’heure des ultimes décomptes se révèle cruelle. Les troupes d’élite qui tiennent la capitale demeurent ses seuls atouts . Le reste s’est évanoui. A midi, il décide de se rendre. A 16 heures , il convoque le noyau des chefs de corps qui l’ont toujours soutenu: St Marc, Robin, La Chapelle, Puga, etc …., et dresse un constat d’échec total: il s’est battu contre des « édredons » , il n’y a plus d’espoir , il faut se rendre. Le commandant Robin s’insurge:

– C’est criminel d’avoir si mal préparé le coup!

Challe lui répond, l’air las:

– J’ai reçu des promesses . Je n’ai fait qu’une erreur d’appréciation : Jamais je n’aurai cru qu’il y ait autant de salaud dans l’armée française…….

Pour les officiers les plus en pointe , Challe capitule trop vite. Dans un bureau voisin, le capitaine Sergent enrage. Il se souvient:

 » J’ai vraiment eu l’intention d’aller lui tirer 1 balle dans la tête . A tout risquer , je pense qu’il fallait aller aller jusqu’au bout . J’étais comme fou! »

Salan et l’ancien chef des étudiants algérois , Jean Jacques Susini , qui ont pris le mouvement en route , protestent aussi auprès du général Challe et tentent de relancer le putsch en faisant donner de la voix aux activistes . L’espace de quelques instants , Susini réussit presque à convaincre le général Challe , ballonné aux grès des invectives et des raisonnements de chacun . A la radio Pierre Sergent donne de la voix , appel de rage et de désespoir.

Hélie de St Marc regagne le gouvernement général au milieu de la soirée . Il règne dans la pièce où se tiennent les 4 généraux  » une odeur de veille, de désastre, de tristesse, de coup foiré » . Les traits tirés par 3 nuits sans sommeil , éreintés, les yeux brulés, les hommes se taisent. Un photographe se glisse au creux de cette veillée funèbre et prend quelques clichés qui feront la 1 de la presse: Challe, Salan, Jouhaud et Zeller ,adossés à de larges fauteuils , sourires crispés et regards traqués. Le commandant de St Marc marche de long en large et tente d’échapper à cette atmosphère explosive.

J’étais sous le choc . Ce qui m’a permis de ne pas être totalement déboussolé, c’est la position que j’avais prise dès le départ et qui consistait à endosser les responsabilités du 1er REP . Je me suis raccroché à l’éthique militaire, peut être totalement démodée dans ces circonstances. On m’avait confié un régiment, je m’étais rallié au général Challe compte tenu du fait qu’il sauvegardait un certain nombre d’éléments éthiques . Il venait me dire que c’était foutu. Alors j’ai pensé qu’il fallait que j’évite l’éclatement du régiment et que j’assume l’option qui avait été prise. C’était un point de vue limité compte tenu du contexte historique en cause ; mais c’était mon mouvement naturel. C’est là que j’ai pris une initiative en m’adressant aux 4 généraux : » Alger va faire l’objet d’une tentative de réoccupation. Je vous propose de rejoindre Zéralda avec mes unités au mouvement desquelles personne n’osera s’opposer. » Le général Zeller a préféré se fondre dans la foule mais les 3 autres ont accepté.

Le commandant de St Marc descend sur le forum pour régler le dégagement de ses troupes. Des étudiants veulent se battre et le prennent à partie:

– Il faut continuer le combat!

– C’est raté! A quoi bon vous faire tuer ou arrêter ? Il y a un camion devant la porte . En partant ,jetez vos armes et tentez votre chance!

Un jeune pied noir éclate de rage. 20 ans plus tard , rencontrant St Marc , il lui dira: » J’étais dans un état second. Je vous faisais porter tout le poids de l’échec du putsch . J’ai été à 2 doigts de vous porter une rafale de PM dans le ventre. »

Témoins de la scène, les journalistes entendent peu après le bruit des armes jetées avec violence sur le plateau de fer des camions. St Marc se retourne vers J Lartéguy en demandant:  » Est ce que j’ai eu raison de les empêcher de se battre? » Henry Toregrossa de l’écho d’Alger témoigne: » Perdue dans son rêve  » Algérie française » , la foule aurait pu se heurter ce soir là de façon meurtrière aux gendarmes mobiles. St Marc a évité un bain de sang du type de celui de la rue d’Isly mais puissance 10. » Une tension de fin de rêve et de poudrière plane sur le forum   . Un colonel de gendarmerie s’irrite de la lenteur des légionnaires à évacuer le forum . St Marc s’approche de lui et le menace:  » Fichez nous la paix et dégagez , je ne veux plus vous voir. Et attention….Mes légionnaires sont nerveux! » Le colonel Hésite quelques instants , puis tourne le dos et se fond dans la masse . Edward Behr, le correspondant de New.sweek, se souvient:  » Arrivé clandestinement le dernier jour du putsch , j’ai d’abord cru que St Marc était là pour restaurer la loi. Il menait ses hommes vers les camions comme s’ils avaient été défilé à Sidi Bel Abbes . Il a engueulé un légionnaire parce qu’il n’était pas au pas , à la façon d’un sergent instructeur, sans doute pour leur faire comprendre que malgré tout , ils restaient soldats. La désolation se lisait si clairement sur son visage que je n’osais pas l’aborder pour lui dire bonjour. J’avais l’impression d’intervenir dans un drame privé ; car St Marc chrétien libéral et modéré qui abominait la torture et qui était l’anti-thèse du centurion brutal s’était trouvé dans cet engrenage par une sorte de fatalité et avait suivi le mouvement parce que sa loyauté envers le régiment l’emportait sur celle d’envers la république . Je lui ai quand même fait un signe de la main qu’il n’a pas vu »

Le 1er REP regagne Zéralda (son camp de base) sans être inquiété . En arrivant, St Marc constate que le régiment est incomplet . Il repart en Jeep et retrouve un groupe de soldats restés en chemin. Debout sur le capot, il leur crie: « Vous vous conduisez comme des gosses. Il y a 2 solutions: soit vous revenez, soit vje fais marcher le régiment sur vous ».

ST MARC: J’étais obligé d’y aller fort car certains étaient réticents . Sur le fond , j’étais quand même très gêné d’être obligé de leur demander de faire le trajet inverse de celui que je leur avais ordonné 3 jours auparavant.

Après avoir mis le régiment en alerte pour éviter un assaut durant la nuit , St Marc rejoint dans le bureau du chef de corps les 3 généraux auxquels il fait apporter un peu de nourriture et de boisson . Après le déchirement des derniers jours entre Challe et Salan , cet ultime face à face se déroule dans une atmosphère sereine et courtoise et presque amicale, les hommes ayant dépassé le point de non retour. Challe explique une dernière fois qu’il désire se mettre à la disposition des autorités politiques de son pays pour assumer la responsabilité de ses actes . Salan et Jouhaud optent pour la poursuite du combat et la clandestinité de l’OAS , St Marc convoque le capitaine Chiron qui accepte de guider en lieu sur les deux généraux désormais hors la loi. Challe et St Marc accompagnent les 3 hommes jusqu’à une sortie du camp d’où part un chemin creux qui s’enfonce dans la nuit . Challe serre la main de Salan et embrasse Jouhaud  après lui avoir donné l’argent qu’il gardait sur lui désormais inutile. Challe et St Marc se retrouvent seuls.

« Vous êtes jeune ST Marc ! On va Payer très cher .Moi, je serai certainement fusillé. Laissez moi me livrer seul. Qu’il y en ait un de plus ne servirait à rien. »

« Mon général, vous n’avez pas voulu abandonner vos troupes et les laisser payer à votre place . Permettez que j’en fasse autant avec les miennes.  »

Le général Challe rejoint l’ancien bureau du colonel Jeanpierre pour s’étendre quelques heures sur son lit de camp. St Marc reste seul et se promène u instant. Dans le silence épais de l’ultime nuit de Zéralda , il regarde une dernière fois les sortilèges du ciel algérien , éblouissant d’étoiles: ses derniers instants de liberté , avant la prison et , peut être , le peloton d’exécution………..

(Aparté du blogueur: La tiédeur de St Marc , voilà peut être l’élément décisif de l’échec du coup d’état, jamais un putsch ne réussit avec des tièdes, avec tout le respect qui est du à cet homme d’honneur, peut être trop de principes…………..  )

Le lendemain matin, le camp légionnaire se réveille encerclé par les forces de gendarmerie appuyées par l’armée: des automitrailleuses bouclent l’accès du village et 4 hélicoptères se relaient au dessus de Zéralda. Un colonel vient chercher le général Challe pour le conduire au terrain d’aviation d’Alger,puis à la prison de la santé.  M Challe descend tête nue , très pale, , ayant arraché de ses épaules les étoiles qu’il portait encore la veille . St Marc demande au lieut Durand de rassembler sa compagnie  pour rendre une dernière fois les honneurs au général déchu  .Challe serre longuement la main de St Marc sans dire un mot puis regarde un à un ses légionnaires , avant de monter dans la voiture qui l’attend. Quel remord l’habite à ce moment devant ses vies défaites, ces soldats brisés pour l’avoir suivi? Quelle peur aussi avant la prison, et l’avenir sombre qui se profile?

Le colonel Guiraud , chef de corps en titre du 1er REP , arrive à Zéralda afin de régler les détails du transfert du régiment.

Comme c’est lui qui m’avait donné le commandement , je le lui rends mais dans quel état!  » Mon colonel, je suis désolé de ce qui s’est passé. » Guiraud a été tout à fait correct . Il a eu cette phrase assez fair play à mon égard et qui n’était pas ironique :  » Je n’aurais pas mieux fait…. » Je l’ai accompagné à Alger qui avait repris sa physionomie habituelle, jusqu’au gouvernement général où nous avions été convoqué par Messmer , alors ministre des armées.Le général Gambiez était effondré dans un coin . Messmer ne m’a pas adressé la parole . Il a dicté ses ordres sechement en annonçant la dissolution du 1er REP.

A Zéralda , les légionnaires vident leurs armoires et remplissent leurs paquetages. Au moment de quitter leur chambrée des soldats brisent une porte ou frappent dans une cloison pour se défouler avant de bruler les archives du régiment et de faire sauter les trois dépôts de munitions.

Quarante camions couleur sable entrent dans le camp , suivis par la population du village et par quelques photographes . Des officiers crient aux journalistes:  » Alors, vous venez voir la curée? » Des légionnaires arrachent leur décoration , d’autres lèvent leur PM et lâchent des coups en l’air . D’une voix blanche St Marc remet au colonel Guiraud le commandement du régiment . Tète nue, il est déjà ailleurs. Sous les applaudissements de la foule , les légionnaires grimpent dans les camions d’où s’élève presque inaudible la chanson d’Edith Piaf : Non, je ne regrette rien, reprise ensuite de camions en camions. Avant de partir certains agitent la main vers des silhouettes connues , d’autres lancent des bras d’honneur vers les gardes mobiles, ces enculés!

………………………………………….A SUIVRE……………………………….

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2) La tentative de tuer De Gaulle par Bastien-Thiry:

Le tyran est « celui qui nuit au bien commun » selon Saint Thomas d’Aquin après Aristote, définition qui s’applique rigoureusement à l’homme dont toute la carrière fut orientée vers l’assouvissement d’un monstrueux appétit de pouvoir égoïste faisant fi des intérêts de la patrie pour asseoir et perpétuer sa domination orgueilleuse sur la population. L’élimination d’un chef d’état pernicieux organisant lui-même la sédition relève alors de la salubrité publique

Sur la foi de documents irréfutables méthodiquement répertoriés, le réquisitoire est implacable et justifie de façon magistrale l’opération « Charlotte Corday » du Petit-Clamart; profondément croyant, le colonel Bastien-Thiry, par cette action héroïque réfutant la fatalité impie du « sens de l’histoire », avait d’emblée fait le sacrifice de sa vie

Fondant son argumentation sur le « De Regno » et « La Somme théologique » du Docteur Angélique, a priori contre l’élimination brutale de tout détenteur d’autorité, même usurpée ou injuste, si elle risque de provoquer un plus grand désordre, voire la guerre civile, ce recours étant néanmoins salutaire quand il peut assurer l’unité de la société, l’abbé Rioult plaide hautement, en l’occurrence, la légitimité du tyrannicide. 

Remontant le cours de l’histoire, Il rappelle le rôle déshonorant que joua De Gaulle durant la Deuxième Guerre mondiale et la sanglante épuration qu’il présida : duplicité, mensonges, reniement de la parole donnée, constituaient déjà le socle de sa politique inspirée des idées révolutionnaires, comme le confirme Jean de Viguerie dans Les Deux Patries.
Lors de son procès, Bastien-Thiry fustigea le « matérialisme athée régnant [… ] et l’utopie des droits de l’homme », affirmant la « légitimité de Dieu, de son Décalogue, de sa loi ». René Malliavin, dans RIVAROL du 14 mars 1963, relevait que, devant le « caractère totalitaire, antichrétien, des méthodes de gouvernement employées », le Colonel « avait osé affirmer l’existence d’une autre légitimité », concluant : « C’est, n’en doutons pas, la vraie raison de son exécution. » Le plaidoyer vibrant de l’abbé Rioult est aussi émouvant que convaincant. 

Biographie complète de Bastien-Thiry en pdf: biographie-site

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4 commentaires
  1. l armée pro de 2013 ne compte plus de soldats du contingent……..

  2. Charlotte Corday permalink

    COMMUNIQUE – 30 août 2013 – 12 heures GMT »Il y a quelques heures, dans une interview donnée au journal « Le Monde », M. Hollande a paru vouloir persister dans l’erreur qui consiste à penser que l’on peut désormais, même et surtout en France, se passer de l’aval du Peuple et de ses représentants pour prendre une initiative qui engagera les Forces Armées Françaises et, avec elles, les intérêts nationaux.Erreur oui, illusion plus sûrement.Nos mises en garde successives sont restées lettres mortes cependant que, partout, de nombreux français en appellent à notre intervention pour le rétablissement de leurs droits les plus légitimes . Si nous ne pouvons que déplorer votre surdité, M. le Président, nous n’en prêtons pas moins une oreille de plus en plus attentive à la voix du Peuple.Alors, une dernière fois, M. Hollande, ne persistez pas, ne vous entêtez plus … ou nous devrons agir per maximam gloriam Patriae « 

  3. Les derniers putsch en France | L’armée du peuple? C’était celle du contingent! est grande, à partir de laquelle je reçois, je ne peux pas arrêter de regarder toutes vos suggestions et je suis heureux quand je reçois un de plus, sont les meilleur, j’adore votre présentation et travaille derrière. Un baiser et une étreinte.
    Saludos

  4. merci sebasampare, je suis confus

commentaires totalement libres , défoulez vous!

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