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Des libérés

3 août 2012

Des libérés

Là le fourrier que je suis aide des libérés à mettre leur treillis de défilé avant de passer devant le colon, ils sont à zéro et moi à 300!

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La technocratie socialiste française  selon Michel Houellebecq (extrait d Extension du domaine de la lutte…page 34 à 36 du livre de poche):

Six personnes sont maintenant réunies autour d’une table ovale assez jolie, probablement en simili-acajou. Les rideaux d’un vert sombre, sont tirés; on se croirait plutôt dans un petit salon. Je pressens que la réunion va durer toute la matinée.

Le premier représentant du ministère de l’agriculture a les yeux bleus. Il est jeune , a de petites lunettes rondes, il devait être étudiant il y a encore peu de temps. Malgré sa jeunesse , il donne une remarquable impression de sérieux . Toute la matinée il prendra des notes parfois aux moments les plus inattendus . Il s’agit manifestement d’un chef, ou du moins d’un futur chef.

Le second représentant du ministère est un homme d’age moyen , avec un collier de barbe comme les précepteurs sévères du Club des cinq . Il semble exercer un grand ascendant sur Catherine Lechardoy, qui est assise à ses côtés . C’est un théoricien. Toutes ses interventions seront autant de rappels à l’ordre concernant l’importance de la méthodologie et plus généralement d’une réflexion préalable à l’action. En l’occurrence,  je ne vois pas pourquoi: le logiciel est déjà acheté , il n’y a plus besoin de réfléchir mais je m’abstiens de le dire. Je sens immédiatement qu’il ne m’aime pas. Comment gagner son amour? Je décide qu’à plusieurs reprise dans la matinée, j’appuierai ses interventions avec une expression d’admiration un peu bête, comme s’il venait de me révéler d’étonnantes perspectives , pleines de sagesses et d’ampleur. Il devrait normalement en conclure que je suis un garçon plein de bonne volonté, prêt à m’engager sous ses ordres dans la direction juste.

Le troisième représentant du ministère est Catherine Lechardoy. La pauvre a l’air un peu triste ce matin; toute sa combativité semble l’avoir abandonnée. Son petit visage laid est tout renfrogné, elle essuie régulièrement ses lunettes . Je me demande même si elle n’a pas pleuré; je l’imagine très bien éclatant en sanglot , le matin au moment de s’habiller seule.

Le quatrième représentant est une espèce de caricature du socialiste agricole : il porte des bottes et une parka comme s’il revenait d’une expédition sur le terrain; il a une grosse barbe et fume la pipe; je n’aimerai pas être son fils. Devant lui sur la table il a ostensiblement posé un livre intitulé : « La fromagerie devant les techniques nouvelles ». Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il fait là, il ne connait manifestement rien au sujet traité; peut être est-il un représentant de la base. Quoi qu’il en soit il semble s’être donné pour objectif de tendre l’atmosphère et de provoquer un conflit au moyen de remarques répétitives sur l’inutilité de ces réunions qui n’aboutissent jamais à rien ou sur ces logiciels choisis dans un bureau du ministère et qui ne correspondent jamais aux besoins réels des gars sur le terrain.

Face à lui il y a un type de ma boite qui répond inlassablement à ses objections-à mon avis de manière assez maladroite-en feignant de croire que l’autre exagère volontairement, voire qu’il s’agit d’une plaisanterie. C’est un de mes supérieurs hiérarchiques ; je crois qu’il s’appelle Norbert Lejailly. Je ne savais pas qu’il serait là et je ne peux pas dire que je sois ravi de sa présence. Cet homme a exactement le faciès d’un porc. Il saisit la moindre occasion pour rire longuement et grassement . Quand il ne rit pas il se frotte lentement les mains l’une contre l’autre. Il est replet, voire obèse et son auto-satisfaction que rien de solide ne semble venir appuyer m’est habituellement insupportable . Mais ce matin je me sens vraiment très bien , à deux reprises je rirai même avec lui en écho à ses bon mots………………………………………Je ne sais pas encore si je vais vous mettre la suite car je viens de me rendre compte que M Houellebecq a fait une faute de français classique étonnante de la part de l’ écrivain de génie qu’il est, il a employé le terme second qu’on utilise seulement s’il n’y a pas de troisième ce qui n’est pas le cas dans son récit, il aurait du utiliser le terme deuxième à la place.……

 

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